Hit-Parade Protected By Wpoison ... et merde aux pollueurs de toile

Supplique aux Magnifiques Seigneurs & Syndics de la République de Genève, à propos de la Praille, des arènes qui pourraient s'y édifier et du souk qui s'y construit


Aux membres des Petit et Grand Conseil de la Parvulissime République et par eux, à son Conseil Général Souverain

Genève, ce 19 Ventôse de l'an 209 de l'Egalité genevoise, 9 mars de l'an grégorien 2001

Excellences,

Estimés représentants du peuple souverain et illustres défenseurs de ses droits,

Citoyennes et citoyens,

Le 13 juillet de l'an grégorien défunt, le placet populaire pour une arène raisonnable, revêtu des paraphes de plus de 11'000 de nos concitoyennes et concitoyens, était déposé en vos mains. Le 20 décembre suivant, le Petit Conseil constatait que ces paraphes étaient belles et bonnes signatures de gens de notre République. Dès cette date, Leurs Seigneuries avaient trois mois pour mander au Grand Conseil qu'il soumette le placet au jugement du Conseil Général, ou qu'il l'en détourne après quelque barguignage de clercs.

Depuis le 13 juillet du précédent millénaire en le commun calendrier, plus de onze milliers de nos concitoyens attendent donc de votre haute perspicacité que leur proposition soit soumise au jugement de tous. Or, Magnifiques Seigneurs et Syndics, le temps qui passe, quoique conforme aux édits de la République, est un temps pendant lequel ceux pour qui rien n'est plus urgent en notre cité que la construction d'une arène et l'édification d'un souk commencent déjà leur oeuvre -non par l'arène dont ils proclament que sans elle la République est orpheline, mais par le souk dont ils font accroire que nulle arène sans lui ne se peut conçevoir -quoique n'étant en notre ville qu'un souk de plus, sans un chaland de plus

Il appert donc que par cautèle, des malicieux tentent d'imposer à la République l'édification de leur souk, par le fait accompli, sans que le Conseil Général n'ait pu juger du placet qui, précisément, entend qu'arènes seules pussent être édifiées (et édifiées à la juste mesure de la Cité). Le moins qu'il nous semble de telle pratique est qu'elle est toute de mépris, et des droits du Souverain, et de ceux même du Grand Conseil, les mercandiers n'ayant pas même attendu que celui-ci se soit prononcé sur le placet pour commencer de le rendre illusoire, foulant aux pieds les droits des uns et les prérogatives des autres. Les travaux d'édification du souk ont en effet été engagés alors que le placet avait déjà été déposé. Ce ne sont donc pas seulement les citoyennes et citoyens soutenant de leur paraphe notre proposition qui se trouvent ainsi mis devant le fait accompli, mais le Grand Conseil lui-même, dépossédé de la compétence que lui accordent les édits fondamentaux de la République de se prononcer sur les placets populaires, dès lors que les adversaires de tel placet commencent de réaliser ce qu'il entend rendre impossible.

Il nous plaît en outre d'entendre Sieur Landry, Questeur aux Poisons de la République, fustiger en les colonnes d'une gazette locale la " désinvolture " de la Compagnie fédérale des diligences, laquelle ne semble disposée à ne prendre en son caravansérail de la Praille, où en l'an passé 365'000 tonnes de matières dangereuses ont transité, aucune des mesures de précautions que les édits de Berne imposent face aux risques majeurs, alors que 6137 charrois ont été triés à la Praille, dont 3822 contenaient des huiles minérales, 2150 des éthers et liquides inflammables et 165 des produits toxiques -mais si Sieur Landry a raison de fustiger la " désinvolture " de la Compagnie fédérale, que dire de la " désinvolture " de qui laisse implanter arènes, souk, hostellerie et jeu de boules à portée de naseaux de telles pestilences ?

Un souk se construit à la Praille alors que plus de 11'000 personnes demandent au Conseil Général qu'il ne s'y puisse construire ; les mercandiers ne cessaient d'affirmer que sans leur souk nulle arène ne se pouvait édifier -mais dès que bride est laissée sur le col de leur bourse, c'est bien le souk qu'ils bâtissent, et non les arènes, nonobstant les droits du Conseil Général et sans attendre le prononcement du Grand Conseil sur le placet populaire.

Magnifiques Seigneurs et Syndics, nous ne doutons pas que si la parole n'est donnée au Conseil Général dans les temps les plus brefs à venir, et que si la parole n'est plus tôt encore donnée à vos Conseils, les seules balles à jouer au pied qu'oncques ne verrons à la Praille seront celles qu'en leur souk vendront les mercandiers

Nous n'attendions certes pas de ces bazaris qu'ils agissent autrement que prenant la rotondité de leur bourse pour loi suprême de la République, et pour retardant, entravant, et si possible empêchant, que le Souverain se puisse prononcer sur un placet allant à l'encontre de leurs triviaux intérêts, mais leur mépris des droits populaires, et des compétences des Conseils, doit être condamnés par ces Conseils eux-mêmes, sauf à ce que ceux-ci passent aux yeux de moult pour leurs commis.

A ce mépris, il n'est qu'une réponse qui vaille : que les représentants du peuple se prononcent le plus rapidement possible sur le placet adressé au peuple, et le soumettent derechef à icelui. Il n'en va plus du contenu même du placet, mais du respect des droits populaires et des compétences des Conseils. Chaque jour qui passe nous rend spectateurs d'un fait accompli par le bazar, et d'un déni des droits des citoyens et des membres des Conseils. Chaque jour qui passe sans que les Conseils n'agissent les rend complices de cette atteinte à leurs propres droits, et à ceux des citoyennes et des citoyens.

Qu'il en soit fait selon la volonté du peuple et les lois de la République, et non selon les intérêts des mercandiers : nous ne sollicitons rien d'autre de votre haute bienveillance.

Pour quelques citoyennes et citoyens, habitantes et habitants, natives et natifs :

Pascal Holenweg
citoyen, natif et habitant



Forum de discussion
Nous contacter

Souhaitez-vous recevoir nos informations ?

Votre adresse e-mail:

Votre URL:


Souhaitez-vous recevoir régulièrement par E-Mail des informations ?
Souhaitez-vous adhérer ou soutenir de quelque manière le Comité de citoyens ?
Encore quelque chose à dire ?