Stade de la Praille : tirons la chasse !
" La Praille " : du vieux français "praaille", désignant un ensemble de prés, le site de la Praille évoque les pâturages et les prairies qui, au XVIIe siècle, recouvraient la région, après l'assèchement des marécages au Moyen Age. Pâturages et prairies qui ont laissé place à un stade et un centre commercial. Les prairies passent, le bétail reste : changement de pâture réjouit les veaux...
Une initiative étouffée
Etude de cas : Le Stade de Genève à la Praille(Mémoire de Fabienne Fischer) : l'historique d'un fait accompli
Un stade de 30'000 places pour 5000 supporters
Un cadeau d'au moins 61 millions à des intérêts privés
Pas de stade sans centre commercial ?
La sécurité et les nuisances : des questions sans réponse
Quel sport soutenir ?
Que faire pour ne pas se laisser faire ?
Poussez le nouveau portail du stade de la Praille, et entrez
Dimanche 20 mars : le match entre le Servette des moins de 21 ans et le Grand Lancy attire 2500 spectateurs à la Praille.
Bon, 2500 spectateurs dans un stade de 30'000 places, ça rend pas le stade beaucoup plus utile. Mais ça n'est encore qu'un défaut de prévision : vu le vieillissement de la population, c'est pas sur le Servette des moins de 21 ans qu'il faut compter pour remplir le stade, mais sur le Servette des plus de 80 ans.
On attend donc le match Servette +80 contre Loëx.
Avec Grabataire des Hommes comme sponsor.
Jeudi 17 mars : après Marc Roger, le deuxième administrateur du SFC S.A., Olivier Maus, a été entendu par la police, puis un juge d'instruction, et inculpé (de gestion fautive). Mais contrairement à Roger, Maus a été relaxé, et n'a donc pas été conduit à Champ Dollon.
Explications possibles de la mansuétude à l'égard de Maus, relativement à Roger :
1. Maus étant l'héritier des grands magasins Manor (concurrents de Jelmoli), s'il a contribué à la chute du principal utilisateur du stade dont Jelmoli est l'un des "partenaires", c'est pour emmerder Jelmoli, et pas du tout par incompétence.
2. Maus est Suisse, alors que Roger est Français, et Champ-Dollon est essentiellement utilisée pour coffrer des étrangers. C'est l'explication du juge Tappolet : "M. Roger est un ressortissant français. Il y a un risque de collusion et un risque de fuite"...
3. Champ Dollon est pleine.
4. Explication officielle : si Maus a été inculpé, c'est pour gestion fautive, et non pour banqueroute frauduleuse, abus de confiance ou détournement de fonds. Et sa gestion fautive est la conéquence de son incompétence, pas de sa malhonnêteté.
Maus, c'est rien qu'un Mickey.
Deux anciens quelque chose (Claude Haegi, ancien Conseiller d'Etat, et Pierre Aeschlimann, ancien directeur général du Servette) ont eu une idée géniale : faire jouer un club de troisième division française, le FC Croix de Savoie, club de Gaillard, dans le Stade de la Praille, vu que le club n'a pas de stade et que le stade n'a plus de club. Haegi est enthousiaste.On ne s'étonnera pas de le trouver embarqué dans un tel projet : c'est lui qui affirmait le 27 mai 1999 devant le Grand Conseil, à propos du stade de la Praille, qu'avec le Servette et les entreprises engagées dans le projet de la Praille, "nous nous situons dans un milieu rigoureux au niveau de la gestion".
Aeschlimann est plus circonspect : "Il ne faudrait pas que le FCS vienne faire de l'ombre au Servette" ("La Tribune de Genève" du 12 mars 2005).
Faudrait pas, non. Avec Roger à Champ-Dollon (et Maus en liberté provisoire), Servette est déjà à l'ombre.
Le football français est dans le colimateur de la justice française. Et ça pourrait avoir des retombées à Genève : Canal+, qui est dans le colimateur du juge Van Ruymbeke, fut l'actionnaire principal du FC Servette jusqu'en 2002. Et d'étranges (mais juteux) transferts de joueurs attirent l'attention des enquêteurs : celui du joueur argentin Eduardo Tuzzio, par exemple.
En 2001, Bernard Tapie faisait son grand retour à l'OM de Marseille. Et Tapie voulait absolument Tuzzio dans son équipe. Mais l'équipe avait atteint son quota maximum de cinq joueurs non européens. Idée géniale de Nanar : Tuzzio est transféré au Servette, qui l'achète 3,687 millions de FS (on est dans le marché à bestiaux) puis, dans un deuxième temps, racheté par l'OM pour 4,505 millions de FS. Mais l'OM paie 8,2 millions, au lieu de 4,5 millions. Et on ne sait pas où sont passés les 3,7 millions de surplus...
Et deux autres joueurs sont passés par Servette avant d'être revendus à d'autres : le Brésilien Dill et le Slovène Skoro.
Marc Roger, double président de feues les sociétés anonymes du Servette FC et d0exploitation du Stade de la Praille a été arrêté le 14 mars à l'Office des poursuites de Carouge et incarcéré à Champ Dollon.
Officiellement, Roger est inculpé de banqueroute frauduleuse et gestion déloyale, sur plainte de plusieurs joueurs du SFC. L'autre administrateur du SFC, Olivier Maus, est aussi dans le colimateur de l'avocat des joueurs, voire de la justice.
Officieusement, nous sommes en mesure de révéler que le Conseil d'Etat entend confier l'exploitation de la prison de Champ Dollon à Marc Roger.
Roger a en effet fait ses preuves : lorsque la fondation du stade lui a confié la société d'exploitation dudit stade, celui-ci était aux trois quarts vide. Il a réussi à le vider complètement. Or Champ Dollon est surpeuplée. Seul Roger est apparu à Micheline Spoerri capable de vider la prison.
On est bien gouvernés.
Encore un projet intelligent pour le stade de la Praille : y installer un "sablier du Millenium" qui trônait dans le centre commercial de Balexert depuis le printemps 2000. GHI indique que "contactés par la fondation du Stade", les concepteurs du mirifique sablier en question, proposent de l'installer sur le toit de la billéetterie du stade.
Rappel : ce fameux sablier était supposé marquer le pssage d'un millénaire (le deuxième) à un autre (le troisième). Mais comme ni ses concepteurs, ni les analphabètes qui l'avaient installé sur la Plaine de Plainpalais fin 1999, n'avaient compris qu'un millénaire se termine le dernier jour d'un millésime zéro (donc, en l'ocurrence, le 31 décembre 2000), et commence le premier jour d'un millésime un (donc, en l'occurence, le 1er janvier 2001) (puisque la première année du premier millénaire est l'an I, et qu'un millénaire, est-ce possible, compte mille ans...), le "sablier du millénaire" avait été installé, et avait annoncé le passage d'un millénaire à un autre, un an trop tôt.
Il est vrai que l'an 2000, avec ses trois zéros, ça faisait joli.
Et que donc planter le sablier des trois zéros dans un trou dont la profondeur en millions perdus se mesure avec sept zéros, ça s'imposait.
Et que l'installer sur le toit de la billetterie d'un stade vide relève d'une logique imparable.
Et que claquer encore 1,4 million pour cette action indispensable au bien public procède d'un sens aigu de l'utilité des investissements.
Exercice d'arithmétique praillesque :
Sachant que
- les collectivités publiques ont balancé des sommes à sept zéros dans la trou de la praille
- la fondation du trou projette d'y installer un sablier dont le titre de gloire est d'avoir cru qu'un millénaire commençait par une année à trois zéros
- les amateurs du trou projettent de ponctionner la Ville de Genève d'une somme à six zéros pour la balancer dans le susdit trou...
calculez le nombre de zéros politiques siégeant
a. au Conseil municipal de la Ville
b. au Conseil municipal de Lancy
c. au Grand Conseil
d. au Conseil d'Etat
Servette (ou ce qu'il en reste, c'est-à-dire l'équipe des fauchés, des petits, des sans grades -bref, des amateurs, ou presque, de Première ligue) devra payer pour jouer au Stade de Genève, annonce le porte-parole de la fondation dudit stade, Mark Schipperjin. Bonne princesse, la fondation précise qu'elle ne fera pas payer la location du stade au Servette (elle se contente de vouloir en faire payer la construction aux collectivités publiques), mais que Servette devra couvrir les frais occasionnés par un match à la Praille.
On serait Servette, on irait jouer à Frontenex.
La fondation estime qu'au lieu des 40'000 francs demandés au Servette de ligue nationale pour jouer à la Praille (et que Servette ne payait d'ailleurs plus), elle pourrait se contenter de demander 6000 francs au Servette de première ligue. La différence tient au fait qu'on n'aura plus besoin d'éclairage pour les matchs en nocturne, vu qu'il n'y en aura plus (l'obscurité régnera sur le stade comme elle règne sur son financement), et que les frais de sécurité seront réduits puisque le public le sera aussi (il pouvait donc encore l'être).
L'exploration (attentive) des comptes du Servette par la presse genevoise ("La Tribune" du 4 mars, et "Le Temps" du 9 mars, notamment) se poursuit, dans l'allegresse générale et révèle que les administrateurs de la société anonyme de l'équipe phare du football genevois, par ailleurs résidente du stade phare de l'urbanisme genevois, avant que de l'être des bureaux phares de l'Office des faillites et du Palais de Justice, avait un sens certain de l'invention comptable.
En se basant sur le bilan intermédiaire de la SA du Servette au 31 décembre 2004, et ses comptes de profits et pertes du second semestre 2004, "Le Temps" écrit que le club était "condamné dès les premiers mois de son existence en raison du déséquilibre entre les recettes et les charges". De ce point de vue, rien ne ressemble plus au club que le stade dont il était club résident, à ceci près qu'il ne fallait même pas attendre les premers mois d'existence du stadenpour comprendre qu'il était financièrement "condamné" : nous l'avions annoncé avant même le premier coup de pioche, tant le projet était déséquilibré, financièrement absurde, surdimensionné et structurellement cafouilleux.
Selon un premier audit (succint) effectué par un expert indépendant, les recettes prévues par le budget 2004-2005 du SFC avaient augmenté de 138 % par rapport au budget (déjé surévalué côté recettes) de la saison précédente. En réalité, la perte opérationnelle du 1er juillet au 31 décembre 2004 (une demi-saison) a dépassé les 7,5 millions (soit une moyenne de 1,255 million par mois). Bref, chaque jour que les dieux du stade faisaient, Servette perdait 40'000 balles. Mais en claquait 1500 francs par jour en (250'000 FS en "frais de restauration VIP" (petites sauteries avec "personnalités" dans les bons -et chers- restaurants). Soit près de la moitié de recettes de billetterie. Amis spectateurs, sachez donc que la moitié du prix de votre billet a servi à payer les notes de restaurant des "VIP"...
Les joueurs, eux, n'ont pas été payés. A la Praille, le ballon de rouge coûte plus cher que le ballon de foot.
Autre question (angoissante) que se posent les journaux : qui va payer après la faillite du Servette S.A. "La Tribune" signale que l'ancien administrateur de la SA du Servette Olivier Maus avait signé le 19 mai 2004 un engagement "irrévocable" de verser 800'000 FS à la "Swiss Football League" (en züripidgin dans le texte) si le surendettement de Servette dépassait 2,2 millions au 30 juin 2005. C'est sur la base de ce document que l'autorité de recours pour l'octroi des licences en avait accordée une au SFC pour la saison 2004-2005.
Olivier Maus va-t-il casquer ? Y'a pas de raison : on est dans une histoire où personne ne paie (sauf les collectivités publiques, pour le stade).
Et donc, Maus se défausse (cherchez pas, y'a pas de contrepeterie) : "vous n'avez pas le bon papier, j'en ai signé un autre", déclare-t-il à "La Tribune".On est aussi dans une histoire où personne n'a le bon papier et où tout le monde signe d'autres papiers que ceux qu'ils ont déjà signé.
Quant à l'avocat de Maus, il trouve "inadmissible" que "la Tribune" soit en possession du (mauvais) papier signé par Maus, annonce qu'il en contestera la validité juridique, ajoute que c'est Roger qui a demandé à Maus de signer ce papier, mais que Roger a repris l'engagement de Maus à son compte le lendemain même. Rappelons qu'on est dans une histoire où les anciens copains comme cochons se font des procès et s'accusent mutuellement des pires vilénies.
Comme l'écrit le directeur de la coopération et du développement au Département fédéral des Affaires étrangères, Walter Fust, "Travailler en équipe, respecter l'adversaire, savoir gérer la victoire comme la défaite, observer certaines règles : ces valeurs dépassent largement le cadre du sport".
Et encore plus largement le cadre de la gestion financière. Pour entrer dans le cadre de la justice, civile ou pénale.
L'Union de Banques Suisses a vendu début 2005 pour 9,5 millions de FS son centre sportif de la Gradelle (plus de 15 hectares, avec quatre courts de tennis, une piscine, un terrain de basket, six jeux de boules, trois tables de ping pong, un restaurant). Il est prévu d'y construire des logements.
L'ex Société de Banque Suisse a vendu il y a quelques années son centre sportif du Pré-Babel, à la Gradelle.
En septembre 2003, le Crédit Suisse a vendu son centre sportif de l'Ermitage, à Chêne-Bougeries, à l'entreprise MSC, qui l'a affecté à l'usage de ses propres collaboreteurs et trices.
La Banque cantonale dispose toujours de son centre sportif à Conches, la banque LODH de ses deux courts de Tennis à la Gradelle, les Services industriels de leurs quatre courts de tennis à Chêne-Bougerie. Et la fondation du stade de Genève de son stade vide à la Praille.
Le 24 avril prochain, les citoyennes et citoyens de la Ville de Genève auront à se prononcer sur un crédit de 2,5 millions de francs destiné à payer les dettes liées à la construction du stade de la Praille. Le 24 février, la petite trentaine de militants socialistes de la Ville de Genève qui avaient consenti à se pencher sur cet objet (la quasi totalité des opposants déclarés, ou virtuels, ou rhétoriques, au stade ayant brillé par leur absence ont décidé (à quelques oppositions et queléques abstentions près) de soutenir ce crédit, fût-ce en se bouchant le nez (et les yeux, et la bouche, allouette...).
De leur côté, et le même jour, et au même endroit, et par une majorité de la même taille, les Verts ont confirmé leur choix inverse : celui de l'opposition au financement public de ce stade.
Englué depuis cinq ans dans le trou de la Praille, comme la majorité des formations politiques genevoise (les Verts et solidaritéS exceptés), le PS a donc décidé de ne pas s'en extirper. Et les Verts de ne pas s'y crotter.
Les socialistes avaient le choix entre trois prises de positions possibles :
- appeler à voter " oui , autrement dit à accepter d'abord le principe, puis l'acte, de jeter encore des millions sortis des fonds publics dans le trou financier creusé par un stade surdimensionné, aux trois quarts vide, voulu par des privés et privé de son principal utilisateur par la faillite de la SA du Servette.
- laisser la liberté de vote; position confortable mais insignifiante : de toutes façons, les citoyennes et citoyens en général, et les socialistes comme les autres (sinon plus que les autres), disposent de cette liberté quoi que fasse tel ou tel parti.
- appeler à voter "non", à une proposition dont le PS s'est malencontreusement profilé comme le principal auteur.
Les socialistes de la Ville ont donc choisi de persister dans la position absurde qui est la leur, à l'égard du Titanic de la Praille, depuis des années. La réitération obstinée de l'absurdité étant constitutive de la naissance d'un dogme, il était en effet illusoire de s'y attaquer : la stadolâtrie vaut la virginité de Marie.
Un NON socialiste aurait certes pu être interprété comme un désaveu du groupe socialiste au Conseil municipal -et c'est probablement pour éviter d'exprimer ce désaveu, autant que par résignation à ce qui leur était présenté comme un fait accompli, que les socialistes de la Ville, tout sens critique ravalé, ont rejoint l'Entente dans le soutien à l'utilisation de fonds publics pour boucher les trous creusés à la Praille.
On rappellera que l'une des premières déclarations du nouveau représentant du Conseil d'Etat à la capitainerie du Titanic, Jean-Pierre Carera a été celle-ci : " le Stade de Genève ne doit plus être un objet de moquerie ". Carera a raison : le Stade de la Praille ne doit plus être un objet de moquerie. Il est temps qu'il devienne un objet de refus. Malgré le PS.
Le Jeudi 17 mars (20 heures 05), l'émission-phare de la TSR, "TEMPS PRÉSENT", se penchera sur le naufrage du Servette et la mise à l'eau (avant naufrage) du Stade de la Praille, avec de larges extraits (choisis par la TSR...) du film de Roland Pellarin, "Du Pain et des Jeux"
L'émission sera rediffusée sur TSR2 le vendredi 18 mars à 0 heure 50 et le lundi 21 mars à 10 heures 10 et 14 heures 40, ainsi que sur TV5 (à une date que nous ne connaissons pas)
La diffusion par la TSR du film, même tronqué, de Roland Pellarin est la conclusion (en forme de verre à moitié plein et donc à moitié vide) d'une longue suite de démarches, la TSR, pourtant co-productrice du film, ayant manifesté une extraordinaire mauvaise volonté en ce qui concerne cette difussion même, et ayant exigé du réalisateur de très nombreuses coupures, notamment celles des bandeaux de fin de film et d'une allusion à une "politique des petits copains" dans la construction du stade (on ne sait pas si ce sont le terme "politique", le qualificatif "petit" ou le substantif "copains" qui a choqué. Probablement "copains", vu que les "petits copains" évoqués, s'ils sont restée petits, ne sont plus copains du tout...). Le 17 novembre 2004, le rédacteur en chef des magazines d'information, Eric Burnand, annonçait encore que la programmation du film de R. Pellarin était "impossible". L'actualité servetto-praillesque a a décidé autrement. Marc Roger aura donc tout de même réussi à sauver quelque chose dans ce dossier : un bout de la liberté d'information.
La Commission des travaux du Conseil municipal de la Ville a rejeté le 23 février un projet du Conseil administratif de construire ou de rénover 35 WC publics pour un total de 13 millions de FS, soit 371'428,60 FS par chiotte. La même commission n'avait vu aucune objection à balancer 2 millions et demi dans le trou (sans couvercle) de la Praille.
Le Conseil administratif devrait confier la réalisation des WC publics une fondation privée, à Zschokke, Jelmoli et au Crédit Suisse, demander ensuite un crédit additionnel et extraordinaire pour payer les factures et proposer la transformation de la fondation privée des chiottes et fondation publique des chiottes publiques (slogan : "pour des fèces en main publique" : la commission des travaux n'y verrait que du feu.
Et quand on dit du feu, c'est pour éviter d'en rajouter sur la scatologie.
Après avoir déclaré forfait pour les deux premières rencontres de l'année 2005 en "superleague", le Servette d'"élite" a été définitivement retiré du championnat national.
En coulisses, on s'active encore pour tenter d'éviter que le SFC ne tombe en première ligue, avec les pelés, les pouilleux et les galeux des équipes amateurs, et puisse au moins s'accrocher à une bouée en "challenge league" (rappel : tant qu'on est dans les ligues sous-prolétariennes, le français est utilisé. Dès l'ancienne ligue nationale B;, on cause anglo-zurichois). Pour cela, il faudrait que la majorité des deux tiers des clubs de la "Swiss fottball league" (toujours en anglo-zurichois dans le texte) accepte de changer le règlement en cours de saison, pour complaire au Servette. Et il faudrait encore sortir au moins 4 millions de francs pour obtenir la licence (quand ils auront évacué le Liban, les investisseurs syriens pourront peut-être faire un geste). Et il faudrait encore que le président de l'Association du Servette, Francisco Vinas, soit d'accord de signer une convention entre son association et une future société anonyme du Servette à créer pour remplacer la société en faillite, puisque dans le sport d'"élite", la société anonyme, la plus anonyme possible même, est de rigueur. Si le mot "rigueur" signifie encore quelque chose pour les crocodiles qui s'ébrouent dans cette soue.
Bref, actuellement, Servette reste en première ligue. Et si Servette reste quelque part et ne disparaît pas puirement et simplement , c'est grâce au choix de Francisco Vinas de maintenir une séparation rigoureuse entre son association et la SA de l'équipe professionnelle. C'est la bonne moralité de l'histoire : celle qui voit, à la fin, le foot amateur rester seul sur le terrain vidé du foot pognon.
L'ouverture du nouveau stade du Wankdorf à Berne est prévue le 31 juillet 2005. Elle va intensifier la concurrence entre les villes suisses disposant d'un stade (de préférence surdimensionné par rapport à leurs besoins). Et comme Berne est à la fois la capitale fédérale et la "grande" ville la plus centrale du pays, ça réduira les possibilités de Genève d'accueillir dans son trou de la Praille les matchs internations que les quémandeurs de la fondation du stade tentent d'arracher aux "instances compétentes".
Réelection à l'albanaise (époque Enver Hodja) à Berne : le président central de l'Association suisse de football, Ralph Zloczower, a été réélu par acclamation. Avec le soutien de la ligue "amateurs" de foot, alors que les subventions pour la formation de joueurs ne sont attribuées qu'aux clubs professionnels de "superleague".
Masochisme et copinage sont les deux mamelles du sport professionnel.
L'une des âneries les plus couramment lues et entendues après le naufrage du Servette tient en l'accusation portée contre les collectivités publiques en général, et la Ville en particulier, de ne "rien faire pour le sport".
Rappelons que le budget 2004 de la Ville prévoit 46,591 millions de dépenses pour le département des sports (et de la sécurité, mais ces 46,591 millions ne concernent que le sport), avec 4,158 millions de recettes à la clef, soit un débours de plus de 42 millions pour la seule Ville de Genève.
Pour les stades et les salles de sport, le même budget prévoit 14.536 millions de charges, et 998'000 francs de revenus, soit plus de 13,5 millions de débours.
S'agissant des subventions, le même budget prévoyait, pour les sports et la sécurité, un total de 6,287 millions de subventions. 150 clubs sportifs, associations sportives, fédérations sportives, manifestations sportives etc... reçoivent des subventions de la Ville. Tous les sports sont représentés dans la liste des bénéficiaires de ces subventions, depuis la pétanque jusqu'aux échecs en passant par le canoë et le tir à l'arc, et évidemment le football.
Pour le football, reçoivent des subventions de la Ville (en 2004) : L'Association cantonale genevoise de football (trois subventions, dont une exceptionnelle pour son 100e anniversaire), l'association Genève Servette FC, l'association genevoise de football corporatif, le FC Saint-Jean, l'UGS FC, l'Athlétique Regina FC.
Si les citoyennes et citoyens de la Ville devaient, le 24 avril, dire "oui" au crédit municipal de 2,5 millions pour le stade de la Praille, un nouveau sport s'ajouterait officiellement (officieusement, c'est déjà fait) à la liste de ceux déjà subventionnés par la Ville : le lancer de fonds publics.
L'avocat d'une trentaine de joueurs du Servette, François Canonica, annonce son intention de déposer (dans les prochaines semaines) des plaintes pénales contre les administrateurs de la S.A. du Servette, Marc Roger et Olivier Maus. Les joueurs, explique François Canonica ("Tribune de Genève" du 18 février), veulent "savoir quelles sont les responsabilités et les fautes des uns et des autres" (bonne chance !).
Depuis l'arrivée de Marc Roger à la tête de la SA du Servette, celle-ci a fonctionné avec deux administrateurs : Marc Roger lui-même et Olivier Maus (du 11 août 2004 au 28 janvier 2005). Un administrateur peut être tenu sur ses propres biens responsable de toute aggravation du surendettement d'une entreprise quand ce surendettement dépasse la moitié du capital action et qu'un juge n'en a pas été averti.La question est dès lors de savoir si la faillite du Servette est le résultat d'une gestion fautive (pour user d'un euphémisme), dont Roger et Maus seraient pénalement responsables. Pour François Canonica, c'est le cas : "des comportements relevant du droit criminel ont été adoptés". En outre, l'avocat annonce qu'après la procédure pénale, des procédures civiles seront engagées. On n'a donc pas fini de rigoler.
François Canonica relève qu'alors que la société était "sans doute déjà en surendettement", elle a "massivement" engagé des joueurs "très coûteux" et a pris des obligations contractuelles portant sur des sommes "considérables", ce qui a "fortement" augmenté les dettes et provoqué une crise de trésorerie.
En délivrant de fortes pensées ("Toute fin est aussi un début", "L'avenir est plus important que le présent"...), que nous invitons évidemment nos lecteurs à méditer, les toujours anonymes "investisseurs syriens" ont annoncé urbi et orbi leur intention de soutenir l'Association du Servette (qui tourne avec 1,5 millions par an) et le centre de formation du Servette, à Balexert, qui n'est pas touché par la faillite de la SA du club de "superleague". Les Syriens ajoutent qu'ils ont toujours l'intention, une fois que Servette sera "remonté en Challenge League", c'est-à-dire en Ligue nationale B, de créer une nouvelle société anonyme, dont ils seraient propriétaires. Mais d'ici là, l'eau de l'Arve a le temps de couler sous les ponts du quartier de la Praille.
Il semble que le facteur déterminant du renoncement des Syriens à "sauver le Servette" ait été un complément au rapport d'audit sur la situation réelle de la SA du club, laissant planer un lourd doute sur la sincérité des comptes au 31 décembre 2004. Les Syriens affirment pourtant avoir été disposés à injecter 28,5 millions de FS en deux ans dans le club ("Tribune de Genève" du 17 février). Faut-il comprendre que le trou financier du club dépassait cette somme ? De ce point de vue, c'est "Servette et le Stade même (douteux) combat" : un combat pour l'opacité financière...
La fillite de la SA du Servette n'est pas, nous l'avons déjà dit, la disparition du Servette. Le nouvel "homme fort" du club (parce que le club est toujours là) est désormais Francisco Vinas, président du Servette association et, de fait, du centre de formation de Balexert.
Quant au Stade, "rien ne s'oppose" à ce qu'il soit utilisé pour accueillir les matches du Servette de première ligue, a déclaré ("Le Temps" du 17 février) Pascal Chobaz, membre du Conseil de fondation du Stade de Genève. Pascal Chobaz ajoute qu'on pourra réduire "au maximum" les coûts d'utilisation du stade, puisque pour des matches de première ligue, on n'a pas besoin "d'un grand déploiement policier" et qu'on peut se contenter d'ouvrir "une seule tribune".
C'est bien pensé. On avait avec le Servette de "superleague" un stade aux trois quarts vide, on aura avec le Servette de première ligue (puis, éventuellement, si tout va bien, de ligue B) un stade vide à 90 %. On aurait pu tout aussi bien se contenter de rénover le charmant stade de Frontenex plutôt que de se goinfrer le mammouth de la Praille.
"Le Temps" annonce qu'une délégation de la fondation du Stade (qui a repris l'exploitation du monstre, avec le concours -sûrement désintéressé- de la firme Aton) va tenter le 28 février de convaincre le comité central de l'Association suisse de football d'organiser à la Praille une rencontre éliminatoire de la Coupe du Monde, avec l'équipe de Suisse, le 3 septembre contre Israël (les investisseurs syriens sont cordialement invités) ou le 8 octobre contre la France (avec un arbitrage de Marc Roger ?).
Il est vrai que ce stade a une solide expérience en matière d'éliminations : il a d'abord éliminé le public, il a ensuite éliminé soixante millions de fonds publics, il a enfin contribué à éliminer Servette. A la place de l'équipe de Suisse, on s'inquièterait.
La Fondation va également demander à l'Union européenne de football (UEFA) d'organiser en 2006 la finale de la "supercoupe", qui oppose le vainqueur de la Ligue des champions à celui de la Coupe de l'UEFA. Et la finale opposant l'équipe de l'Office des faillites à celle de la Brigade financière de la police, elle est prévue pour quand ?
Feuilleton servettien : on joue les prolongations. Aucun émissaire des "investisseurs syriens" ne s'est présenté le 14 février au greffe du tribunal pour déposer un recours contre le jugement de faillite, et c'est par la poste que la garantie bancaire de quinze millions aurait (parce qu'on n'en est même pas sûrs) été adressée au juge de la cour d'appel. Qui devra vérifier aussi minutieusement que possible la provenance des fonds avant de décider, éventuellement, de suspendre la faillite. L'appel a formellement été déposé par l'avocat Nicolas Droz, pour le compte d'un créancier de la SA du Servette, Touriscar.
Sur les toujours mystérieux investisseurs syriens candidats à la reprise de la SA du Servette, "Le Temps" (12 février) donne quelques renseignements : ils seraient personnnifiés par un "duo plutôt disparate" formé d'un homme d'affaire qui se "fait appeler docteur Bachar" -titre et nom portés un temps par l'actuel président syrien, fils de son père, Bachar el Assad- et du "vrai bailleur de fonds", dont aucun nom ne nous est donné, mais qui serait "actif dans l'import-export". L'import-export de quoi ? Mystère et balle de match... Les Syriens viendraient à Genève pour "diversifier leurs investissements", Servette étant "le pionnier dans une opération à deux branches qui se veut novatrice". Ce qui ne signifie pas grand chose, puisque l'avocat des joueurs du Servette, François Canonica, rappelle qu'il n'y a pas d'investissement rentable possible dans un club de football en Suisse, qu'on ne peut qu'y "perdre de l'argent" et qu'y investir quoi que ce soit relève du "mécénat pur et simple". Or pour effacer l'ardoise du Servette, il faut casquer plus de 20 millions (dont 7,5 millions de "perte opérationnelle" accumulée en six mois, du 1er juillet au 31 décembre 2004...). Soit cinq millions de plus que ce qui a été jusqu'à présent promis par les "mystérieux Syriens".
Dans "La Tribune de Genève", Jean-Noël Cuenod se demande "pourquoi donc ces investisseurs proche-orientaux s'intéressent-ils tant à Servette ?", et laisse répondre (évasivement) un "banquier genevois", qui relève que "les financiers arabes désinvestissent massivement les Etats-Unis depuis le 11 septembre 2001" par crainte de voir leurs fonds séquestrés par les autorités américaines au moindre soupçon, et "diversifient leurs placement". Lesquels placements "transitent souvent par Genève qui demeure une place financière attractive". Et notre banquier de poursuivre : "il n'est donc pas étonnant qu'un groupe de financiers d'origine syrienne ou autre veuille s'implanter à Genève", ni que "ce groupe conserve son anonymat".
Mais avouez qu'il serait assez farce que l'on découvre finalement que ces financiers sont aussi ceux de réseaux islamistes...
Quant au sort du Servette, le nouveau représentant de l'Etat au Conseil de fondation du stade, Jean-Pierre Carera (par ailleurs président du Conseil d'administration de l'Arena) assure qu'une faillite du club offrirait "l'occasion d'une réflexion en profondeur" sur l'avenir du stade. Dommage, cependant, que cette "réflexion en profondeur" n'ait pas été entamée avant la construction du stade...).
Carera affirme ("Le Matin" du 8 février) qu'un producteur se spectacles "se tient prêt, cette année, à organiser un concert à la Praille", mais ne peut "pour l'instant" rien dire de ce "projet très sérieux" (un de plus) : ni quand aura lieu ce concert, ni avec qui.
Nous pouvons cependant évoquer un projet du comité référendaire contre le crédit municipal de 2,5 millions, soumis au vote en Ville de Genève le 24 avril : l'exécution du "Requiem" de Verdi par l'orchestre philarmonique de Damas, le lundi 25 avril 2005...
Si l'orchestre devait être réduit à deux solistes, le requiem pourrait être réduit au "lacrymosa"...
Le 4 février, le juge Patrick Chenaux, président de la Chambre commerciale du Tribunal de première instance de Genève, a prononcé la double faillite de la Société anonyme du Servette FC et de la Société anonyme d'exploitation du Stade de Genève, pour cause de surendettement. Dans la journée, l'Office des poursuites et faillites a changé les serrures des locaux administratifs et de la boutique du Servette
Cette faillite est encore contestable par appel (recours dans les dix jours) à la Cour de Justice, qui peut accorder un sursis concordataire, sur la base d'un projet financier clair, solide et incontestable. C'est-à-dire quelque chose dont personne n'a vu jusqu'à présent l'ombre de la couleur. L'appel n'a cependant aucun effet suspensif a priori : pour obtenir une suspension de faillite, les recourants (les sociétés mises en faillite) doivent éteindre les dettes et prouver la viabilité de leur société.
En outre, l'assemblée des créanciers des deux sociétés pourra se prononcer sur d'éventuelles propositions de repreneurs potentiels (Syriens anonymes ou extincteurs de puits de pétrole mythomanes, par exemple).
Par cette double faillite, le stade, déjà sous-utilisé, perd son principal utilisateur (le Servette) et son exploitant.
L'utilisateur ne sera pas remplacé. Le stade sera donc encore un peu plus vide.
Par contre, l'exploitant a été remplacé : c'est la fondation propriétaire du stade qui s'est auto-proclamée exploitante, sur injonction du canton (dont les représentants avaient pourtant proclamé qu'il n'était pas de la mission de l'Etat d'exploiter un stade).
En revanche, la faillite de la SA du Servette n'entraîne pas la disparition du club, puisqu'elle ne concerne que la société chapeautant l'équipe professionnelle. Les autres équipes servettiennes ne sont pas touchées.
Quant aux conséquences sportives de la mise en faillite du SFC (SA), si aspect sportif on peut encore trouver dans cette histoire, elles sont d'abord la promotion du FC Meyrin (présent en "Challenge League", en français : "Ligue nationale B") au rang d'"équipe phare" du canton, ensuite une fin de championnat suisse à neuf équipe en "Super League" (en français "Ligue nationale A"), enfin une relégation du Servette en première ligue.
Depuis le 1er février, l'exploitation du Stade de la Praille est passée des mains défaillantes de la Société d'exploitation présidée par Marc Roger à celles (guère plus fermes) de la Fondation du Stade elle-même, qui avait déjà joué ce rôle d'exploitant en 2003, avant que Marc Roger ne prenne la Société d'exploitation en même temps que le Servette.
Mission (impossible) assignée à l'équipe qui reprend l'exploitation du stade : redresser l'image de l'installation dans le public (y'a du boulot), et cela avant le 24 avril (date du vote municipal sur le "prêt" de 2 millions et demi de la Ville de Genève à la fondation), et trouver des clients pour l'organisation d'"événements" dans l'"event center" (pas terminé) de la Praille. Mark Schipperjin, haut fonctionnaire du DAEL, ex-président intérimaire de la fondation et toujours membre du Conseil de ladite fondation, explique à l'ATS que les "nouveaux" exploitants (qui sont donc les anciens) se donnent jusqu'à fin 2006 pour atteindre leurs objectifs.
Ce sont pourtant les mêmes qui clament sur tous les tons depuis des semaines que le stade risque d'être vendu aux enchères dans les mois à venir...
Il est vrai que c'étaient aussi les mêmes qui affirmaient juste après l'inauguration du stade que la mission des collectivités publiques n'est pas d'exploiter un stade. Ce qu'ils affirment pourtant vouloir et pouvoir faire maintenant.
Quant à Marc Roger, lâché comme une vieille chaussette par son fringant avocat Dominique Warluzel (par ailleurs ancien président du Servette), le toujours président du susdit Servette à l'heure où ce bulletin est rédigé (soit le 2 février à 23 heures) a dû se trouver un autre avocat. Chose faite en la personne d'Alain Marti, également défenseur du mirifique sauveteur d'un jour du Servette, Joseph Ferrayé.
Le dernier actionnaire important du Servette, Michel Coencas, a par ailleurs affirmé qu'il détenait toujours 30 % des actions de la SA du club, vu que Roger, qui en avait négocié le rachat, ne les a jamais payés. Roger serait cependant toujours majoritaire (à 57 %) dans la SA du Servette, à moins que son ex associé Lorenzo Sanz, qui a pris 20 % des parts de la société détentrice des actions du Servette (société créée par Roger) ne les détienne toujours, ce qui ferait tomber la part de Roger en dessous des 50 % (autour de 46 %). Roger serait toujours le principal actionnaire de la SA du club, mais ensemble, les autres actionnaires (Coencas, Sanz, Vinas, Weiller et Maus) seraient majoritaires. Majoritaires dans une société dont les pertes avoisineraient, selon le rapport de la fiduciaire Berney, les 12,5 millions.
Les repreneurs potentiels du club, moyen-orientaux, vraisemblablement syriens (pourquoi pas ?) mais (au 2 février) inconnus, se disent prêts à y investir 25 millions de FS dans les deux ans à venir et développant un projet commercial, en créant des postes de travail et en assurant des rentrées d'argent pour le Servette FC. En changeant l'eau du lac en vin, aussi ?
Et tout ça par amour pour Genève, ville de paix, et pour créer un "pont culturel" avec le Moyen Orient. Le "pont culturel" avec le Moyen-Orient, c'est presque aussi beau que la traversée de la rade. Ou qu'un tunnel de la Praille à l'Office des faillites.
Bal tragique à la Praille : trois victimes
1. L'ancien Conseiller d'Etat Gérard Ramseyer, qui avait été bombardé responsable de l'organisation des matches de l'Euro 2008 à Genève, a été, fin janvier 2005, viré de ce poste, où il aurait pourtant pu donner toute la mesure de ses compétences (sur l'air de : "le G8 vous a plu ? Ne manquez pas l'Euro 2008"), et où il a été remplacé par l'ancien chef de la police, Laurent Walpen. En tant que "Monsieur Euro 2008", Ramseyer siégeait au Conseil de fondation du Stade de Genève -mais il y représentait l'Etat, et c'est contre les instructions de l'Etat qu'il avait voté pour que les clefs de la société d'exploitation du stade soient remises à Marc Roger en même temps que celles du Servette.
2. Marc Roger, président des S.A. du Servette et d'exploitation du stade, est en cure de repos, après avoir déposé plainte contre des supporters genevois qu'il accuse d'avoir tenté de le menacé physiquement et de l'avoir menacé de mort. Les supporters évoluent (lentement) : il y a quelques années, ils se promettaient, pour défendre la construction du stade, de "pendre les écologistes au dernier arbre" (celui, sans doute, d'où eux-mêmes venaient de descendre). Roger affirme avoir dû quitter son hôtel car des personnes l'y cherchaient. Dans l'après-midi du 26 janvier, Roger avait dû quitter le stade de la Praille sous escorte policière. Il a ensuite accusé un ancien membre de la "section grenat" (les supports les plus bas de plafond) et l'ancien responsable du marketing du Servette d'encourager des supporters à lui envoyer des menaces de mort par SMS sur son portable. Résultat : à la clinique de Genolier (où devait encore se trouver André Hediger...), un médecin lui a prescrit une "cure de repos intensive".
3. Le secrétaire général du Parti radical genevois, Bernard Favre, fait l'objet d'une plainte pénale pour diffamation, voire calomnie, plainte déposée par la section genevoise (et la section argovienne) de l'Association Transports et Environnement, que l'apparatchik radical avait accusé (dans la "Tribune de Genève", le 7 décembre 2004) de pratiquer le racket en déposant des recours pour en monnayer ensuite la retrait. Polémique à replacer dans un stade, puisque née à Zurich, après que le projet de nouveau stade du Hardturm, à Zurich (là aussi le Crédit Suisse est dans le coup), ait été bloqué par des recours. On notera avec intérêt que le stade de la Praille semble être un biotope particulièrement favorable aux radicaux genevois : c'est un ancien Conseiller d'Etat radical (Ramseyer) qui a contribué, au sein du Conseil de fondation du stade, à refiler la société d'exploitation à Marc Roger... c'est un ancien Conseiller administratif radical (Rossetti) qui est alllé actionner le tribunal fédéral pour empêcher que l'initiative "pour un stade raisonnable" soit soumise au peuple... et c'est un Conseiller municipal radical (Maudet) qui a fait des pieds et des mains pour que la Ville accorde un financement supplémentaire à la fondation du stade, sans, au départ, poser la moindre condition à ce financement...
Bal tragique à la Praille : un nouveau pompier
L'avocat Jean-Pierre Carera a été nommé par le Conseil d'Etat à la présidence du Conseil de fondation du Stade de Genève. Il y remplace Mark Schipperjin, haut fonctionnaire du Département de l'Aménagement, de l'équipement et du logement, qui avait lui-même remplacé (au pied levé) le Conseiller administratif André Hediger.
Bal tragique à la Praille : les rats quittent le navire
Dans le même temps (ou presque), l'avocat genevois du président du Servette (SA) et de la société d'exploitation du stade (SA) annonce qu'il lâche son client. Warluzel, lui-même ancien président du Servette, explique qu'à partir du 25 janvier il cessera de défendre les société anonymes du Servette et de l'exploitation du stade "et par conséquent leur propriétaire, Marc Roger", car "le lien de confiance qui doit unir l'avocat à son client a été rompu".
Ce ne sont pas les girouettes qui tournent, c'est le vent (proverbe éolien)
Le 20 septembre, par arrêté, le Conseil d'Etat a constaté l'âboutissement du référendum contre le crédit de 2,5 millions destiné à "participer au paiement des créances engagées pour la construction du stade de Genève". 4120 signatures ont été vérifiées et déclarées valides.
Présenté le 28 octobre, le rapport de la Commission de contrôle de gestion du Grand Conseil met en évidence les carences politiques et les amateurismes de gestion qui ont marqué l'entier déroulement du feuilleton du "Stade de Genève" :
- La commission estime que, budgété au départ à 68 millions (projet Ambrosetti pour un stade de 25'000 places), le Stade devrait finalement coûter au moins 120 millions, soit 4000 FS la place offerte, ou 12'000 FS la place réellement occupée…
- La commission constate que, alors que les promoteurs privés (et leurs soutiens publics) du projet de la Praille assuraient que la réalisation du stade ne coûterait pas un sou aux collectivités publiques, celles-ci ont contribué à fonds perdus pour 60,2 millions de FS (46,2 mios pour le canton, 6 mios pour Lancy, 5 mios pour la Confédération, 3 mios pour la Ville) soit la moitié du coût total effectif… Par contre, les privés n'ont accordé que des prêts remboursables…
- La commission estime que le seul fait de passer d'un stade de 25'000 places à un stade de 30'000 places a alourdi l'ardoise de 12 millions.
- La commission constate que les partenaires privés ont privilégié l'investissement sans en garantir le financement et observe que s'il s'est toujours trouvé une majorité du Conseil de fondation pour voter les nouveaux crédits, les financements n'ont pas suivi.
- La commission estime que le canton s'est retrouvé responsable par défaut du dossier, et en a fait assumer la conduite à ses hauts fonctionnaires ; elle observe que la communication était pour le moins déficiente entre acteurs publics et privés, et entre les différents acteurs publics
- La commission estime que le manque urgent de financement (sans parler du manque à long terme, soit le déficit annuel) du stade est de 19 millions, pour ne couvrir que les besoins immédiats, notamment ceux de fonctionnement :
- 9,57 mios FS pour couvrir les travaux non payés de Zschokke, plus 430'000 d'intérêts ;
- 4,5 mios pour des travaux divers ;
- 4,5 mios d'impôts dus.
- La commission estime que le déficit annuel généré par le fonctionnement futur du stade sera de 1,1 à 1,8 million de FS, selon que la Société d'exploitation remplira ou non ses engagements.
Le rapport note que le dossier du stade de la Praille ne comporte "aucun élément particulièrement scandaleux ou choquant, aucune manipulation, aucun comportement considéré comme répréhensible au regard de la loi" : vu le nombre de juristes prébendiers du souk et des arènes de la Praille, c'est bien ce à quoi on pouvait s'attendre…
Fin septembre 2004, la SESGE a reçu de la part de Jelmoli (La Praille SA) un avis de résiliation de bail pour les locaux administratif, avec effet fin octobre. Motif : la SESGE ne paie plus ses loyers depuis janvier 2004 et doit environ 200'000 FS à Jelmoli. Marc Roger explique qu'il ne veutnpas payer un loyer de 30'000 FS par mois pour exploiter des locaux inutilisable, car non terminés, comme ceux de l'"Event Center". Quant à Jelmoli, son directeur, Alain Rolland, rétorque que la SESGE a signé un contrat pour une exploitation des locaux "en l'état", que Marc Roger a repris ce contrat et que dès lors il n'y a aucune raison pour qu'il ne paie pas...
Le Conseil d'Etat s'inquiète pour le Stade de Genève
ATS - 25.08.2004, 22:18
GENÈVE - Le Conseil d'Etat genevois s'inquiète de la façon dont le
propriétaire du Servette FC, Marc Roger, gère le Stade de Genève. Des
problèmes de sécurité ont surgi, notamment lors d'un match entre l'OM et
Benfica Lisbonne, et des factures restent impayées.
La Société d'Exploitation du Stade de Genève (SESGE), dont Marc Roger a
pris le contrôle au printemps dernier, n'a ainsi toujours pas versé la
redevance de 95 000 francs due au 30 juin 2004 à la Fondation du Stade de
Genève (FSG). Sans cet argent, la FSG ne se trouve plus en mesure de faire
face à ses obligations.
Le Conseil d'Etat genevois a aussi rappeler que le 30 juillet dernier, lors
du match opposant le Servette au FC Bâle, l'écran géant installé dans le
stade est resté noir car la société prestataire des services audiovisuels
n'avait pas été payée par la SESGE.
Depuis la reprise de la SESGE par Marc Roger, plus aucun évènement
d'importance majeure autre que les matches du Servette FC (SFC) n'a été
organisé dans le Stade de Genève. De même, a ajouté le gouvernement
genevois, rien n'est fait pour exploiter l'Event Center, pourtant source de
revenus pour la SESGE.
Le Conseil d'Etat menace de reprendre les choses en main si la gestion du
Stade de Genève continue de se faire à la petite semaine. Il a en tout cas
fait savoir mercredi qu'il se réservait le droit d'intervenir si les
conditions d'exploitation mises en place ne sont pas respectées.
Stade de Genève : le Conseil d’Etat exprime sa vive préoccupation
Conseil d'Etat - Point de presse du mercredi 25 août 2004
Le Conseil d'Etat a pris connaissance des difficultés que la Fondation du
Stade de Genève (FSG) rencontre dans le cadre de ses relations avec la
Société d’Exploitation du Stade de Genève (ci-après SESGE). Il est inquiet
de la situation générale et des nombreux problèmes qui ont surgi depuis la
reprise de la SESGE par Monsieur Marc Roger, notamment en matière de
gestion de la sécurité. Le Conseil d'Etat se réserve le droit d’intervenir
si les conditions d'exploitation mises en place pour le Stade de Genève ne
sont pas respectées.
Le Conseil d’Etat invite dès lors Monsieur Marc Roger à répondre aux
légitimes questions posées par la FSG dans ses divers courriers, restés
tous sans réponse, et notamment à celui du 4 août 2004. Il invite également
Monsieur Marc Roger à respecter les engagements qu’il a pris vis-à-vis de
la FSG, notamment quant au paiement des redevances dues à la FSG par la
SESGE. En effet, sans le paiement de ces redevances, la FSG n’est pas en
mesure de faire face à ses obligations et il n’appartient pas à la
collectivité publique de se substituer à l’exploitant actuel.
Le Conseil d'Etat soutient par ailleurs les efforts considérables ainsi que
toutes les démarches entreprises par le Conseil de la FSG, afin de résoudre
tant les problèmes de financement du Stade de Genève que les problèmes liés
à son exploitation.
Il ne cache toutefois pas son inquiétude si le résultat du vote prochain
des citoyens de la Ville de Genève, quant au crédit de CHF 2'500'000 que la
Ville de Genève s’est dit prête à allouer, devait être négatif.
Sur le même sujet, les pourparlers se poursuivent avec le groupe Jelmoli.
Le Credit Suisse a annoncé une contribution de CHF 2'500'000 avec les mêmes
conditions que celles posées par la Ville de Genève. Enfin, faute de
réponse, la fondation Hippomène a été sollicitée à nouveau pour qu’elle
contribue également à cet effort collectif, conformément aux conditions
posées par les partenaires prêts à consentir des investissements
complémentaires.
Dans cet esprit, le Conseil d'Etat soutiendra les démarches entreprises par
la FSG pour que chaque partenaire contribue à ce financement complémentaire
et il réitère son entière confiance aux membres du Conseil de la FSG.
Note de synthèse des événements survenus depuis la reprise de la SESGE par M. Marc ROGER
Les 21/22 février 2004, au cours d'une séance marathon entre la Fondation
du Stade Genève (ci-après FSG) et l'avocate conseil de M. Marc ROGER, un
accord a été trouvé pour la reprise, par M. Marc ROGER, du 100% du
capital-actions de la Société d'exploitation du Stade de Genève (ci-après :
SESGE) détenu par la FSG. Cette reprise a été faite à la demande expresse
de M. Marc ROGER, qui a posé un ultimatum à la FSG : si cette dernière
refusait la cession de la SESGE, M. Marc ROGER renoncerait à « sauver » le
Servette de Genève Football SA (ci-après : SFC). M. Marc ROGER a repris la
SESGE rétroactivement au 1er janvier 2004.
C'est le 29 mars 2004 que tous les contrats et documents concernant la
SESGE ont été remis à la mandataire de M. Marc ROGER, parallèlement à la
cession formelle des actions de la SESGE à ce dernier, à savoir les
statuts, l'organigramme, les contrats et conventions, les documents
relatifs aux sponsors, aux partenaires et diverses autres pièces.
Lors de cette même rencontre du 29 mars 2004, le mandataire de l'Etat de
Genève a remis à l'avocate de M. Marc ROGER deux originaux de la convention
de cession d’actions de la SESGE, dûment signés par la FSG. Celle-ci devait
faire contresigner ces conventions par M. Marc ROGER et renvoyer un
exemplaire original pour les dossiers de la FSG.
Le 14 avril 2004, le conseil de l'Etat de Genève a écrit à l'avocate de M.
Marc ROGER en lui rappelant :
1°) le fait que la FSG n’a toujours pas reçu l’original de la convention de
cession d’actions de la SESGE, dûment contresignée par M. Marc ROGER;
2°) que les couvertures d'assurances de la FSG étaient modifiées (celle-ci
ne détenant plus la SESGE, avait rayé cette dernière des personnes
couvertes par les polices de la FSG), et qu'il convenait que la SESGE
contracte diverses assurances;
3°) qu'il sollicitait le budget d'exploitation de la SESGE pour le 30 avril
2004, conformément à la convention passée entre la FSG et la SESGE;
4°) que devaient être fournis l'organigramme et la structure de la SESGE.
Ce courrier est resté sans réponse à ce jour.
Le 9 juin 2004 s'est tenue à Lancy une séance du Conseil de la FSG, en
présence de M. Marc ROGER et de son avocate. Il a été convenu que M. Marc
ROGER remettrait la liste des doléances d'exploitation, notamment celles
liées aux concerts, à la FSG. Cette dernière est toujours dans l’attente de
cette liste et des raisons ayant conduit l'organisateur à annuler le
concert de Florent PAGNY.
C'est également le 9 juin 2004 qu'a été remis à M. Marc ROGER un classeur
contenant tous les plans, descriptifs techniques, l'inventaire, la
répartition des charges d'entretien, le cahier des charges des
installations fixes, les accords passés entre la FSG et des tiers sur les
droits de superficie, avec l'Etat de Genève, l'accord La Praille-SESGE
(parking), la convention Cisin, les contrats d'assurances de la FSG, l'état
de la situation et des négociations Unireso, les documents relatifs à la
souscription publique, etc. M. Marc ROGER a signé une quittance à cet
effet. C’est à cette date que son avocate remet enfin à la FSG l'exemplaire
de la convention de cession d’actions de la SESGE dûment contresigné par M.
Marc ROGER.
C'est encore le 9 juin 2004, qu'un état complet des lieux a été effectué en
présence de l'avocate de M. Marc ROGER, de l'architecte du Stade de Genève,
et d'un autre employé de la SESGE, ainsi que du mandataire chargé de la
sécurité par la FSG, et du représentant de l'Etat de Genève.
Le 1er juillet 2004, M. Marc ROGER, au nom de la SESGE, a sollicité
l'accord de la FSG pour procéder à des travaux dans le stade.
Le Stade de Genève a connu ses premiers incidents lors du match Olympique
de Marseille - Benfica Lisbonne du 21 juillet 2004, où la pelouse fut
envahie par les supporters de ces deux équipes. De plus, certaines rumeurs
font état de ce que ce match aurait fait l’objet d’un accord passé
directement entre le SFC et Gama Sport, alors que seule la SESGE est en
mesure d’assurer l’exploitation du Stade de Genève, à l’exclusion de toute
autre entité. Une telle pratique constituerait une grave violation de la
concession accordée à la SESGE, avec notamment pour conséquence la
soustraction de redevances dues à la FSG. M. Marc ROGER n’a toujours pas
répondu aux questions posées par la FSG à cet effet. De plus, l’exclusivité
accordée à la société devant fournir les prestations en matière
d’audiovisuel dans le Stade de Genève a été violée par la SESGE qui a
autorisé Gama Sport à effectuer sa propre production TV.
L'un des membres du Conseil de fondation informe la FSG que M. Marc ROGER
ne paie pas les loyers de l’Event Centre.
Le 26 juillet 2004, l'entreprise en charge de la sécurité informe la FSG
des difficultés qu'elle rencontre avec la SESGE, notamment l'absence totale
de réponse aux téléphones, courriers, etc.
Peu après, la FSG apprend que de manière unilatérale et en complète
violation des accords passés, la SESGE change la politique tarifaire des
souscriptions publiques.
Le 30 juillet 2004, pour le match Servette - Bâle, l'écran géant est resté
noir car la société prestataire des services audiovisuels n'avait pas été
payée par la SESGE.
Le 2 août 2004, un avocat informe la FSG que l'employé de l'entreprise
chargée de la sécurité lui a confié ses intérêts dans le litige qui
l'oppose à la SESGE, le mandat relatif à la sécurité ayant également été
résilié par la SESGE.
Le 4 août 2004, le responsable de la maîtrise d'ouvrage délégué par la FSG
écrit à M. Marc ROGER en s'indignant des propos de ce dernier, rapportés
dans Le Matin du 31 juillet 2004, mettant en cause les anciens dirigeants
de la SESGE. Il rappelle à M. Marc ROGER que c'est grâce aux anciens que
l'équipe de Suisse s'est produite quatre fois dans le stade et qu'une date
supplémentaire était réservée le 18 août 2004, par la suite non confirmée.
Le 4 août 2004, la FSG a adressé un courrier à M. Marc ROGER lui rappelant
non seulement ses obligations (documents à remettre, souscription publique,
obligation de louer le stade via la SESGE, etc.) mais également la
nécessité de respecter les conditions de sécurité prévues par les autorités
compétentes. Par ailleurs la FSG a demandé des explications sur le non
respect des conventions liant la SESGE à divers partenaires et fournisseurs
de prestations. Enfin, sans garantie du paiement des travaux à effectuer,
la FSG a refusé de les autoriser, eu égard aux risques d'hypothèque légale.
Le 6 août 2004, l'avocate de M. Marc ROGER a écrit sur papier en-tête de la
SESGE à la FSG, pour lui communiquer copie de deux commandements de payer
émanant de deux sociétés prestataires d'équipements et de services en 2003,
prétendant que la FSG ne respecterait "à nouveau" pas ses engagements.
Le 10 août 2004, un avocat se constitue pour la défense des intérêts de la
société EVP dans le cadre du litige qui l'oppose à la SESGE et en informe
la FSG.
Le 12 août 2004, un courrier de la FSG est adressé aux TPG pour confirmer
la teneur des accords passés entre la FSG, les TPG et l'Etat de Genève.
L'un des membres du Conseil de la FSG a écrit en date du 17 août 2004 à une
entreprise créancière pour confirmer une proposition de paiements
échelonnés de la créance de celleci contre la SESGE.
Le 18 août 2004, la FSG a répondu au courrier du 6 août 2004 de la SESGE
émanant de l'avocate de M. Marc ROGER, en lui indiquant que, d'une part, un
accord avait été trouvé avec le premier créancier au printemps 2004, mais
que ce dernier ne l'avait pas respecté, et d'autre part, qu'en ce qui
concerne le second, des négociations étaient en cours. Le même jour, un
courrier de confirmation de l'accord trouvé le 30 mars 2004 avec le premier
créancier précité est envoyé à ce dernier.
Le 20 août 2004, la FSG reçoit une copie d'une convocation adressée par le
Tribunal de première instance à la SESGE, concernant la créance des TPG
contre la SESGE, objet de la poursuite notifiée le 16 mars 2004.
Le 23 août 2004, un courrier est adressé au second créancier pour une
proposition, en confirmation des modalités négociées par l'un des membres
du Conseil de fondation.
A ce jour, et depuis la reprise de la SESGE par M. Marc ROGER, plus aucun
événement d’importance majeure autre que les matches du SFC, n’a été
organisé dans le Stade de Genève. De même, plus rien n’est fait pour
l’exploitation de l’Event Center, autre source de revenus pour la SESGE.
Enfin, la SESGE n'a pas payé la redevance de CHF 95'000 due au 30 juin 2004.
La société d'exploitation répond au Conseil d'Etat (et à la fondation)
Communiqué de presse de la SESGE
01-09-2004
(tiré du site du Servette FC)
Le 25 août 2004, le Conseil d¹Etat genevois a pris la singulière initiative
de diffuser un communiqué de presse (voir ci-dessous) qui se voulait critique
de l¹activité déployée par la Société d¹exploitation du Stade de Genève (SESGE).
Insolite, cette intervention semble avoir eu pour vocation unique de capter la
bienveillance d¹un électorat et d¹une population auxquels étaient ainsi
proposées des informations tronquées, fragmentaires et partant, erronées.
L¹administrateur de la SESGE a consacré le temps nécessaire à une réflexion
de principe qui le conduit à retenir qu¹alors que lui est due la survie d¹un
club que son action a détourné d¹une mort certaine, il ne reçoit aucun
soutien des pouvoirs publics qui, méconnaissant leur sujet, se bornent à lui
distiller critiques infondées et intempestives récriminations.
La direction de la SESGE se détermine par le présent communiqué quant aux
griefs énoncés par le Conseil d¹Etat.
1. SECURITE DU STADE
La SESGE a constaté la parfaite incurie du responsable désigné à la sécurité
du Stade. Redoutant que ne soit mise en péril l¹intégrité de l¹édifice et
celle du public qui le fréquente, la SESGE a décidé dans l¹intérêt de la
collectivité de résilier le mandat qui la liait audit responsable. Elle
s¹est alors assurée les services de son prédécesseur dont les compétences
reconnues lui avaient permis de prendre la mesure de l¹activité du personnel
de sécurité ainsi que d¹assurer la conformité du Stade aux normes de
sécurité en vigueur. Les manquements ci-dessus relevés sont à l¹origine de
ce que les autorités dénoncent comme autant de débordements qui ont pris la
forme de l¹envahissement de la pelouse à l¹issue de la rencontre OLYMPIQUE
DE MARSEILLE / BENFICA LISBONNE le 21 juillet 2004.
2. PAIEMENT DES REDEVANCES
Singulière présentation, là encore, des faits : Il est reproché à la SESGE
de n¹avoir point acquitté la redevance échue au 30 juin 2004. Cette
abstention est une abstention raisonnée : la Fondation du Stade de Genève
s¹est contractuellement engagée à teneur de la convention passée entre
ladite Fondation et la SESGE à apurer l¹entier du passif à la date du 31
décembre 2003. La Fondation se dérobe à ce qui lui incombe et n¹honore en
aucune manière son engagement. C¹est ainsi que la SESGE se trouve
aujourd¹hui assignée par les Transports Publics Genevois à raison d¹une
créance née antérieurement à la date du 31 décembre 2003 qu¹il appartient à
la Fondation de régler. La rétention de cette redevance est ainsi la
conséquence directe des carences de la Fondation. De nouvelles poursuites
sont en outre régulièrement notifiées à raison de dettes contractées par la
FSG et non honorées par elle.
3. PRETENDUE SOUS-EXPLOITATION DU STADE ET LITIGE EVP
A l¹heure de la cession dont on ne soulignera jamais assez qu¹elle
constituait la seule solution à même d¹éviter la faillite du Club et la
probable mise en cause de ses anciens dirigeants, il avait été représenté à
Monsieur Marc ROGER que la configuration du Stade et l¹application des
normes en vigueur en matière de sécurité publique et de nuisances sonores
autoriseraient l¹organisation d¹événements sportifs ou artistiques à même
d¹assurer la rentabilité de l¹édifice. Monsieur Marc ROGER y vit le signe
d¹une harmonisation et d¹une cohérence entre la direction du Club et le
fonctionnement du Stade. Or, il apparaît indiscutablement que la
configuration de ce Stade est proprement incompatible avec la production
d¹événements de cette nature. La sécurité du public ne peut y être garantie
lors de telles manifestations et les règles en vigueur excluent que des
concerts soient organisés, appelés à perdurer au-delà de 22 heures,
considération qui est à l¹origine de la renonciation aux concerts prévus. Ce
nonobstant Monsieur Marc ROGER demeure prêt à prêter la main aux
transformations nécessaires pour peu qu¹il reçoive des pouvoirs publics
l¹appui nécessaire, économique et politique, dont il a été souligné qu¹il
lui fait cruellement défaut.
Quant à l¹EVENT CENTRE, celui-ci est proprement inexploitable : faux
plafonds non posés, cuisines destinées à assurer le service des convives
inexistantes et finitions non entreprises sont autant de manquements, pour
n¹en citer qu¹eux, dont la SESGE subit les insupportables conséquences.
Quant aux allégués formulées par la société prestataire de services
audiovisuels, cette dernière est liée à la Fondation par une convention à
laquelle la SESGE n¹est pas partie et qui en conséquence ne l¹oblige en
aucune manière.
4. RAPPORT ENTRE LE PRETENDU NON-RESPECT DES ENGAGEMENTS DE LA SESGE ET
L¹OCTROI D¹UN CREDIT COMPLEMENTAIRE
La votation prochaine relative à l¹octroi d¹un crédit complémentaire à
hauteur de CHF 2'500'000.- par la Ville de Genève est un débat à caractère
politique auquel la SESGE n¹a évidemment pas vocation à prendre part. Elle
constate que l¹édification du Stade a dans le passé généré une forte
polémique qui permet d¹anticiper la mobilisation de ses détracteurs en vue
de cette échéance. Dans l¹hypothèse d¹un refus, ni la SESGE ni Monsieur Marc
ROGER n¹endosseront la responsabilité d¹un échec qui ne pourrait être imputé
qu¹à la passivité de l¹Autorité qui semble vouloir s¹abstenir de convaincre
de la pertinence de cet indispensable investissement
La Fondation répond à la Société d'exploitation (et à Marc Roger, et à son avocat)
(extraits de la "mise au point" du président de la Fondation, Marc D. Schipperijn)
(Tribune de Genève du 14 septembre 2004)
(...) Monsieur Roger n'a jamais "hérité" de la Société d'exploitation du Stade de Genève (SESGE), mais il en a exigé le contrôle et en a même fait une condition sine qua non à la reprise du FC Servette. (...)
(...) à aucun moment Monsieur Roger a demandé un audir préalable sur les comptes et les contrats alors qu'il aurait eu tout loisir de le faire (...).
On souhaiterait que Monsieur Roger mette autant d'énergie et d'argent dans l'exploitation du Stade de Genève qu'il n'en met dans le FC Servette.
"On souhaiterait que Monsieur Roger mette autant d'énergie et d'argent dans l'exploitation du Stade de Genève qu'il n'en met dans le FC Servette." (Marc D. Schipperijn, président de la Fondation du Stade de Genève).
(Vu les résultats du FC Servette, dernier du classement de sa ligue, nous ne pouvons que partager le souhait du président de la Fondation du Stade...)
(ce site, ni le forum de discussion, ne sont un site ou un forum officiels du Comité de citoyens)

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