Bonnes feuilles

 

"Le Stade de Genève (...) manque de couleurs. Il a besoin d'être rafraÎchi", déclarait ("Le Matin" du 5 octobre) le président de l'UEFA, Michel Platini.

Ce que Platoche voulait, Genève fit. Le stade a été rafraîchi. Mais au prix qu'il a coûté, qu'il continue de coûter, et qu'il va continuer de coûter aux caisses publiques, c'est pas un stade qu'on rafraîchit, c'est un diamant qu'on retaille.

Et de toute façon, c'est pas rafraîchir le stade qui s'impose, c'est le congeler. Définitivement.

 

Que restera-t-il du Tibet, des menaces de boycott, des problèmes de pollution, de la question des droits de l'homme et de la censure en Chine lorsque la vasque olympique s'embrasera dans le Stade national de Pékin ? Il y a fort à parier que toutes les polémiques s'effaceront au moment où le spectacle débutera", écrit Edouard Lin, dans le guide TV des JO, supplément à l'"Illustré"...

Il y a en effet des paris qu'il aurait été stupide de prendre : celui-là était perdu d'avance. Le rouleau compresseur médiatico-économico-sportif compresse les états d'âme. Autour des JO de Pekin comme autour de l'Eurofoot à Genève.

 

Le président du CIO, Jacques Rogge, s'était fait une raison : les mouvements de protestations des associations de défense des droits de l'homme à propos de la tenue des JO en Chine, "nous les subissons et nous les subirons jusqu'au jour de la cérémonie de clôture", déclarait-il au "Monde" (du 16 octobre)

C'est ça, la différence entre les pontes du sport-pognon et les Chinois de base : les premiers subissent les protestations des ONG pendant quelques mois, les autres subissent les violations de leurs droits fondamentaux pendant toute leur vie. Et ça doit être très, très dur, d'être président du CIO et d'être harcelé par Amnesty International...

 

L'Euro2008 à Genève "est aussi une opération de promotion économique", reconnaît Mark Muller ("Tribune de Genève" du 24 novembre)...

... on aime beaucoup le "aussi"... c'était autre chose ?

 

On a retrouvé dans nos vieux papiers le texte d'un appel pathétique, lancé par le comité de soutien à Daniel Zappelli lors de l'élection du Procureur général, en avril dernier. Titre de l'appel : "En finir avec les abuseurs et les squatters". Et parmi les signataires : Frédéric Hohl. Voui, voui, le même abuseur de la naïveté des locataires de stands au Bout-du-Monde, et le même squatter de la Plaine de Plainpalais pendant trois semaines en juin... Pour "en finir avec les abuseurs et les sqatters", Zavatta pourrait commencer par la liste de ceux qui ont contribué à le maintenir sur son fauteuil...

 

Annonçant les mesures de sécurité à l'entrée de la "Fan Zone" de Plainpalais, "20 Minutes" du 30 mai titre : "Tous les visiteurs de la Fan Zone seront palpés".

... c'est même pas une info : ça fait des années que la Fondation du Stade et l'UEFA (en) palpent.

Quant à Frédéric Hohl, il s'est fait rassurant : "Aucune fouille n'est exigée sur le site ouvert du Bout-du-Monde". Ben non, y'avait personne à fouiller. Ce qui n'a d'ailleurs pas empêché Hohl, lui aussi, d'en palper.

L'Eurofoot, ça a vraiment été palpitant.

 

"On dit du football que les classes sociales s'y mélangent, que le médecin y côtoie l'ouvrier. Qu'en pensez-vous ?", demande "Le Courrier" (du 7 juin) au directeur du Musée du Jeu de la Tour de Peilz, Ulrich Schader, qui répond : "C'est une vision nostalgique.  (...) Aujourd'hui, les pauvres sont debout -s'il y a encore des places debout- et les riches dans les zones VIP. (...) au football, des chômeurs regardent jouer des millionnaires"...

... oui, mais pour le profit de milliardaires.

 

"On ne peut pas mélanger foot et culture" : ainsi le "Monsieur Eurofoot" de la Confootération Helvétifoot, Benedikt Weibel, a-t-il expliqué le naufrage du "Fan Village" du Bout-du-Monde.

Ben non, on ne peut pas mélanger foot et culture. On ne peut en 2008 mélanger le foot qu'au pognon. On peut même l'y mélanger au point de l'y dissoudre. Et de garder le pognon.

 

Nicolas Sarkozy et Silvio Berlusconi, qu'on attendait à Zurich pour le match France-Italie, ne s'y sont pas rendus. Au moins une des deux équipes en lice devant forcément être éliminée de l'Euro, aucun des deux guignols n'a voulu courir le risque d'être ridicule. Finalement, un truc au moins a bien marché pendant cet Eurofoot : l'éloignement des supporters indésirables.

 

"Les grandes fédérations sportives tentent de plus en plus de s'assurer la maîtrise de l'image et du son avec leurs propres sociétés de production", sanglotait le directeur général de la SSR, Armin Walpen, après avoir dénoncé la censure exercée par l'UIEFA sur les images de retransmissions de l'Eurofoot...

... mais qui sont les crétins qui négocient avec les "grandes fédérations sportives" des contrats qui leur laissent le pouvoir de censurer les images, hein, Monsieur le directeur général de la SSR ?

 

Un footeux du "Temps", en l'ocurrence Daniel Jeandupeux, réclamait "une minute de silence" après l'élimination de l'équipe suisse de l'Eurofoot. "Une minute de silence en l'honneur de la mort d'une aventure exaltante".

Ouais, bon, d'accord, mais une minute, c'est pas beaucoup. Un mois de silence pendant tout le mois de juin, ça aurait été mieux.

 

Ayant pronostiqué une victoire de la Suisse sur la Turquie à l'Eurofoot, les "pipoles" interrogés par l'EuroJulie sont tout contrits au lendemain de la défaite. Et se débrouillent comme ils peuvent pour expliquer pourquoi ils se sont mis le crampon dans l'oeil : Manuel Tornare, légèrement faux-derche, nous dit qu'"en tant que ministre des Sports" il se devait d'être "encourageant". On ne voit  pas à qui il le devait (à Spoky ?), mais peu importe, il le devait. De leur côté, carrément prétentieux, Alain Morisod et Loly Bolay nous expliquent que s'ils n'ont pas pronostiqué une victoire turque, c'est "pour ne pas décourager" la Suisse, suspendue à leurs pronostics, et pour qu'elle ait "une chance de rester dans la course"...

Est-ce que quelqu'un pourrait expliquer à tous ces braves gens, maintenant que le soufflé est retombé, que leurs pronostics n'avaient de toute façon aucune influence sur le match et qu'en plus tout le monde se contrefoutait de leur avis ?

 

Le footeux de service dans l'EuroJulie du 13 juin nous tartine de pathos une page entière sur les lendemains de la décoluttée suisse. Le match de foot perdu par l'équipe de Suisse face à l'équipe de Turquie, c'et quoi ? Allons, n'hésitons pas, c'est un "séisme", un *désastre", pas moins. Un séisme, un désastre, il y s'en est produit un en Chine, un mois avant. Il a fait 100'000 morts. C'est le même mot que le journaleux utilise pour les 100'000 morts du Setchouan et les onze pingouins de l'Eurofoot.

Allez, on se cotise et on offre un dictionnaire au journaleux pour qu'il trouve ses mots, et une balance pour qu'il les pèse ? Il n'est jamais trop tard pour une campagne d'alphabétisation. Même en faveur des journalistes sportifs.

 

Le directeur du musée d'ethnographie de Genève, Jacques Hainard, croit pouvoir affirmer (dans "Le Temps" du 7 juin) que "tout le monde joue au foot, n'importe où sur la planète"...

... ben non...

Et Hainard d'ajouter que "la fascination du ballon rond, du dieu ballon, nous amène (...) à l'abdication de la faculté critique"...

... ben non...

 

Le président de la fédération internationale du foot-pognon, Sepp Blatter, se rengorge dans "Le Matin Dimanche" du 8 juin : "En dix ans, nous avons (...) adapté le marché du foot et de la télévision. Nous faisons davantage de marketing".

On avait remarqué.

Mais Blatter a aussi une âme : pour lui, "le football véhicule de vraies valeurs. Il donne du plaisir, de la joie, de l'espoir et au final de l'amour. Il peut permettre de créer un monde meilleur et plus juste".

Et là, par contre, on n'a rien remarqué.

 

Dans une lettre qu'il a envoyée début septembre 2007 aux Chefs d'Etat de l'Union Européenne, le président de l'UEFA, Platini, les supplie de l'aider à "protéger le football d'un mercantilisme qui l'assaille de toutes parts".

On attend la lettre d'Oussama Ben Laden suppliant les chefs d'Etat de l'aider à protéger l'islam du terrorisme.

 

"Les opposants au Stade de Genève n'ont jamais hésité à prétendre qu'il était surdimensionné. A plusieurs reprises pourtant, la Praille a affiché complet ou quasi", lit-on dans le supplément promotionnel de l'Eurofoot, encarté le 4 juin dans le quotidien genevois officiel de l'Eurofoot.

L'expression "*a plusieurs reprises pourtant" est particulièrement heureuse (surtout le "pourtant"). Parce que généralement, et sauf exceptions rarrissimes, le stade est vide ou quasi vide.

 

"Le foot est un sport riche, mais les clubs expliquent que leur rôle est de soigner les joueurs d'élite, pas d'investir dans le foot pour tous", regrette le Responsable des manifestations du Service culture de Lausanne, Nicola Di Pinto, par ailleurs entraîneur des débuts du club de foot Stade Lausanne-Ouchy.

Ben oui, c'est ce qu'on définit plus sobrement comme le "foot-pognon".

 

"A bien des égards, les nouveaux stades (comme les nouvelles salles de concert) s'apparentent à des 'paquebots urbains', c'est-à-dire des ensemble construits de grande taille fonctionnant sur le mode autarcique vis-à-vis de leur environnement de proximité. La conception urbanistique des nouvelles enceintes sportives (...) se rapproche ainsi de celle des centres commerciaux (auxquels elles sont souvent adossées, comme à Genève et à Neuchâtel) (...) il s'agit d'objets largement déterritorialisés, dont l'accessibilité est assurée par des réseaux de transports rapides (autoroutes et rocades urbaines)."

(Valérie November, Vincent Kaufmann, "*Le Temps" du 27 mai)

 

Apportant sa contribution au commentaire du " Discours de la servitude volontaire " de la Boëtie, Mark Muller explique (dans " Le Temps " du 27 mai) comment les collectivités publiques se sont couchées devant l'UEFA : " Tous les pays qui ont fait acte de candidature se sont soumis volontairement aux contraintes édictées par l'UEFA. Dès le moment où la Suisse et l'Autriche ont été désignées, les carottes étaient cuites. Tout était verrouillé dans le dossier de candidature ".

On ne saurait mieux résumer la situation -sauf à résumer ce résumé par une phrase encore plus sobre : " dans ''consentant'', il y a d'abord ''con'' ".

 

"J'espère surtout qu'îl fera beau, qu'il n'y aura pas trop de vent et que le ballon géant sera en lévitation sur le jet d'eau", répondait Mark Muller à la question du "Temps" (du 27 mai) : comment vous sentez-vous à onze jours du coup d'envoi de l'Eurofoot ?

Les espérances de Mark Muller sont à la hauteur des enjeux.

 

Justifiant l'ouverture prolongée des magasins pendant l'Euro, le porte-parole de la Fédération des artisans et commerçants genevois, Eric Markus, la minimisait : "Il s'agit d'un ballon d'essai"...

... Un de plus ? On n'allait tout de même pas devoir se spécialiser dans les appels (au vent, à la grêle, aux bonnes volontés) au dégonflage de ballons à la con...

 

Dans le discours qu'il a prononcé lors de sa prestation de serment comme Procureur général, Daniel Zappelli a annoncé avoir "demandé à la police" de lui présenter un "plan d'action" contre les dealers de rue, et que ce plan "sera mis en oeuvre dès la fin de l'Euro 2008".

Pourquoi "dès la fin de l'Euro 2008 ?" l'UEFA pouvait être visée si le plan était appliqué plus tôt ? 

 

Fâché contre les "antifooteux", le professeur d'éthique (à Neuche) Denis Müller affirme (dans "Le Temps" du 15 mai) "Prétendre que football égale opium (du peuple) équivaut à postuler que ce jeu nous rends idiots, politiquement et socialement irresponsables"...

... on ne voit effectivement pas ce qui pourrait nous suggérer pareille hypothèse...

 

"Plus de 10 % des Genevois sont obèses et 60 % des hommes de 35 à 74 ans sont en surpoids", nous apprend la "Julie" du 15 mai...

... finalement, la baudruche planant au dessus de la rade pouv ait symboliser autre chose qu'un ballon de foot : la panse des supporters...

 

Toute fière d'avoir été retenue comme " Host City Supporter de la Fan Zone Genève " (on ne rigole pas, y'a quand même quelques mots français dans ce titre ronflant), la " Tribune of Geneva " du 14 mai nous a sorti un supplément people surtitré " Tribune Business Lounge " pour nous annoncer qu'elle " va s'impliquer colossalement avant et durant tout le mois de juin " autour de l'Eurofoot, qu'une équipe " Spécial Euro " composée de 20 journalistes a été mise en place pour " couvrir et faire vivre l'événement sous toutes ses facettes " et qu'une " gazette gratuite, la Tribune de Genève de l'UEFA Euro 2008TM " (des Izvestia en plus de la Pravda, donc) sera " distribuée en des points stratégiques du canton ".  Bref, on sentait déjà souffler sur la République l'air frais de l'information libre et objective dispensée par une presse indépendante cultivant l'esprit critique.

 

"Les clefs du stade de Genève ont été remises à l'UEFA" le 13 mai (date idéale pour les mauvais coups), titrait "Le Courrier" de du 14 mai...

... c'était la moindre des choses, on lui avait déjà donné les clefs de la caisse...

 

Présentant le dispositif d'accueil des supporters étrangers venant à Genève assister aux matches de l'Euro, le Conseiller d'Etat Mark Muller a déclaré le 18 mars : "Il faudra donner l'envie aux gens de revenir dans la région".

Pendant un mois, on a surtout donné aux habitants des quartiers sinistrés par les Fans Zones et autres parcs à beaufs l'envie de partir...

 

Organisant en avant-première de l'Euro2008 un "Euro des quartiers" (du street foot pour jeunes de 15 à 18 ans), la Ville de Genève expliquait dans son magazine ("Vivre à Genève") que son ambition est "d'utiliser le football pour stimuler la convivialité et les rencontres en jeunes de milieux différents. Et transmettre bien plus qu'un esprit de compétition, des valeurs sociales comme le travail en équipe, la ténacité, l'acceptation de l'échec"... Toutes valeurs dont on s'aperçoit tous les jours qu'elles sont, à l'évidence, portées par le sport professionnel en général et le foot pognon en particulier...

 

"l'UEFA est une association a but non lucratif", a déclaré, sans rire, son président, Michel Platini dans "Le Matin bleu" du 30 avril...

... Il a raison Platoche, c'est pas le but qui est lucratif, c'est tout le chemin qu'on parcourt pour l'atteindre.

 

"On donne beaucoup d'argent aux villes-hôtes : Genève a reçu plus de 2 millions de francs", se justifiait Michel Platini : "beaucoup d'argent", c'est en réalité moins de la moitié de ce qu'allait coûter à Genève la seule sécurité. Et en tout, Genève allait claquer vingt fois plus pour l'Euro2008 que le "beaucoup d'argent" qu'elle aura reçu de la princière UEFA).

 

"On va vivre les trois semaines les plus extraordinaires que la Suisse ait jamais connues", annonçait, guilleret, le délégué du Conseil fédéral pour l'Euro 2008, l'ancien patron des CFF Benedikt Weibel ("Le Temps" du 14 janvier)...

C'est dire si on s'est fait chier dans ce pays depuis 1291... La révolution helvétique, celle de 1848, le Sonderbund, la Grève Générale de 18 ? de la gnognotte à côté de l'Eurofoot...

 

Aller aux JO "représente un objectif sportif monnayable, après beaucoup d'efforts, auprès de mes sponsors comme de ma fédération. Si je renonce, je perds de quoi gagner ma vie et m'entraîner à plein temps", répondait la triathlète suisse Magali Di Marco Messmer, à l'hypothèse d'un boycott des JO par les sportifs pour protester contre la répression au Tibet...

... où il se confirme que le sport professionnel élève la conscience politique et citoyenne...

 

"Il ne nous reste plus qu'à espérer qu'il n'y ait pas trop de tensions politiques en Turquie par rapport à la question kurde, qu'il fasse beau et que notre équipe nationale obtienne de bons résultats", déclarait, pas rassuré, le responsable de la sécurité pour l'Euro 2008, Martin Jäggi ("Le Temps" du 29 février).

... Il a plu, les Turcs ont bombardé les Kurdes et l'équipe de Suisse a été éliminée au tour préliminaire.

 

On  pourra fumer dans les stades suisses et autrichiens pendant l'Euro, a annoncé la porte-parole d'Euro 2008. On peut d'ailleurs toujours fumer dans la stade de la Praille, même après l'adoption par le peuple de l'initiative antifumée.

De toutes façons, à la Praille, en dehors de l'Euro, on peut fumer tant qu'on veut et ce qu'on veut :  vu la fréquentation des lieux on risque pas de gêner grand monde.

 

Proclamant que "l'Eurofoot sera, en termes de résonnance médiatique, le plus grand événement jamais organisé sur sol helvétique", "Le Temps" (du 3 janvier) en remettait une couche : "Ce sera dix milliards de gens sous nos fenêtres".

Ouais, c'est beaucoup. Surtout sur une planète dont la population totale est de l'ordre de sept milliards de "gens". Dont la majorité n'ont strictement rien à foutre de l'Euro2008, n'ont pas la télé ou sont trop occupés à survivre pour se préoccuper des fêtes à blaireaux organisées en Suisse et en Autriche.

 

Le Conseiller fédéral Samuel Schmid s'était dit convaincu "que l'Euro2008 aura des effets positifs à long terme sur la population, sur la société, sur l'économie et sur l'encouragement du sport" ("20 Minutes" du 19 février)

Et sur l'environnement, la diversité de la faune, le réchauffement du climat et l'âge du capitaine, rien ?

 

Le nouveau président de la Fondation du stade de la Praille, Michel Bonnefous, a annoncé qu'il voulait "faire du stade un lieu de rencontre beaucoup plus sexy et qui puisse faire rêver".

Transformer le trou de la Praille en Palais Mascotte, c'est ça ?

 

" L'Eurofoot devra se passer de stars de la musique ", annonce, consterné, " 20 minutes " (du 6 mars).

Ben alors, et Morisod ?

 

Le gadget distribué par l'UDC, après le bouc en peluche (fabriqué en Chine) a été  un ballon de foot, censé célébrer les vertus du parti en même temps que ceux de l'Euro2008...

C'est pas un choix politique, c'est un constat zoologique : le ballon, c'est mieux que le bouc pour recruter des blaireaux...

 

Deux mois après l'annonce du "plan anti-mendiants", Pierre Maudet se rengorgeait, tout fier : "Il n'y a plus que trois mendiants à Genève" ("Le Matin-Dimanche" du 13 janvier)

... ouais : le Comité d'organisation de l'Euro2008, la fondation du stade de la Praille et l'UEFA...

 

"Il faut avoir le courage de sortir de prison même ceux contre qui, le jour venu, il faudra requérir une peine ferme", expliquait (dans "Le Temps" du 14 janvier) le candidat socialiste au poste de Procureur Général, François Paychère...

... Marc Roger est d'accord...

 

Titre de "20 Minutes" (du 11 mars) : "L'Eurofoot tuera les coeurs faibles". 

Pour les cerveaux faibles, on n'a même pas attendu le début des compétitions.

 

Le président du Comité international olympique (CIO), Jacques Rogge, a répondu à ceux qui demandaient au comité d'intervenir auprès de la Chine, avant les JO de Pekin, pour qu'elle piétine pas trop ouvertement les droits humains : "Nous ne sommes ni une organisation politique, ni un organisme militant"...

... ah ben ça alors, c'est une surprise...

Avant le match du 20 septembre entre Sion et Galatasaray (Turquie), à la Praille, la police a rappelé "les règles élémentaires de bonne conduite" : pas d'alcool, pas d'armes, pas de propos racistes. "Elementaires", en effet, ces règles.

Le problème n'est pas qu'on les rappelle. Le problème, c'est qu'il faille les rappeler.

"Je veux mettre mes compétences et mon enthousiasme au service de notre canton", proclame fièrement le candidat libéral au Conseil national Christian Luscher, dans un pavé publicitaire...

Christian Luscher ayant précédemment mis ses compétences et son enthousiasme au service du FC Servette, qu'il a présidé avant de le remettre à Marc Roger, on peut déjà annoncer la mise en vente du canton, ou on attend le retour de Roro à Champ-Dollon ?

On ne comptera pas sur la presse romande pour une critique de l'Euro 2008 : les" huit principaux quotidiens régionaux romands" (La Tribune de Genève, 24 Heures, L'Express, l'Impartial, la Nouvelliste, la Liberté, le Journal du Jura et le Quotidien Jurassien -merci pour le Temps et le Courrier) mettent leurs "forces en commun" pour servir la soupe à l'Euro2008, proclamé carrément "plus important événement sportif du siècle organisé en Suisse" ("Tribune de Genève" du 22 août)

Ce siècle n'ayant que six ans, on admirera la prescience du pool de supporters pour les 93 années à venir après l'Euro.

Le directeur du stade de la Praille, Olivier Carnozzola, admettant que "le football ne suffit pas à faire fonctionner le stade" (c'est en effet le moins qu'on puisse dire), ajoute que "cela ne nous a pas posé de problème de conscience d'accorder la tenue (d'un salon de l'érotisme" à la Praille, du 28 au 30 septembre ("Le Matin bleu" du 12 septembre)

Il a raison, le directeur : les promoteurs du stade ayant déjà entubé tout le monde, un salon de l'érotisme (ou de ce qui en tient lieu dans le monde de la marchandise) n'y pose "aucun problème".
Sauf que plutôt qu'un stade, et quitte à se faire baiser, c'est un bordel qu'on aurait dû construire à la Praille : ça aurait coûté moins cher et ça aurait été plus souvent plein.

"On ne peut plus tolérer que les pouvoirs publics versent l'argent du contribuable à une manifestation sportive sans avoir des garanties sérieuses qu'il n'y aura pas de triche, donc de dopage", déclare (sérieusement ?) le Conseiller d'Etat Mark Muller dans "Le Matin dimanche" du 5 août...

... Faut dire que MM parle du Tour de Romandie. Pas de l'Eurofoot. A quoi les pouvoirs publics ont décidé d'attribuer des million s d'"argent du contribuable" sans "garantie sérieuse qu'il n'y aura pas de triche, donc de dopage".
L'éthique sportive de Muller et de ses comparses, c'est celle du deux poids, deux mesures. On fait la fine bouche devant le cyclisme, on raque pour le foot business.

Quant au président de l'UEFA, Michel Platini, il joue carrément les andouilles : "Je ne crois pas à un dopage organisé dans notre sport" ("Tribune de Genève" du 7 juin).

C'est le même genre de déclarations qu'on entendait dans le cyclisme professionnel il y a une dizaine d'années.

Le maire socialiste de Bieenne, Hans Stöckli, se dit persuadé que la construction d'un nouveau stade et d'une nouvelle patnoire "accroîtront la motivation pour le sport et déboucheront sur des promotions" des équipes locales de foot et de hockey en ligues supérieures.

Les belles promesses rendent les fous (de foot) joyeux : à Genève, le FC Servette n'avait pas plutôt posé ses crampons sur le nouveau stade qu'il chutait en ligue inférieure. Il y marine toujours.

l'inamovible président de la FIFA, Josep Blatter, a affirmé ("Entreprise romande" du 11 mai) que "le football n'est fermé à personne, il est ouvert à tous".

... vouais. A n'importe qui, même. Mais pas à n'importe quel prix.

Le même Blatter (dans "Coopération" du 10 avril), avait déjà proclamé que "le football doit continuer de renforcer et d'étendre son rôle social dans le monde"...

... mais seulement en dessous de 2500 mètres d'altitude, vu que la FIFA a décidé de ne plus reconnaître les matches internationaux joués au-dessus de cette limite. Et ça doit être un hasard si les stades situés au-dessus de 2500 mètres sont ceux de pays pauvres, et que les poids lourds du foot pognon ne sont pas concernés par cette limite...

Un site internet (www.footballresistance.com) luttant contre le racisme dans les stade se donne pour slogan : "fascisme et football ne font pas bon ménage" ("Le Matin bleu" du 9 mai)...

... ben si, justement, et depuis 1922...

"Le budget de 8,8 millions de francs que doit supporter le contribuable (pour l'Euro2008) a de fortes chances d'être respecté", a déclaré selon "La Tribune de Genève" (du 8 juin) le Conseiller d'Etat Mark Muller...

... et on sait combien sont fortes les chances de respect des budgets quand il s'agit de sport-pognon à Genève : le budget du stade aussi avait de "fortes chances" d'être respecté. Tellement respecté qu'on s'est bien gardé de s'en approcher.

"Le peuple s'enflammera pour l'Eurofoot 2008", prédit le coordinateur suisse de l'"événement", Michael Kleiner ("20minutes.ch" du 8 juin)...

... si le peuple pouvait en profiter pour enflammer les stades, et même les cramer...

Commentant la lenteur de la procédure d'extradition d'Espagne verts la Suisse de l'ancien patron du Servette, Marc Roger, son avocat espagnol explique que "si la Suisse était dans l'Union européenne, çRa aurait été plus rapide" ("Tribune de Genève" du 1er juin)...

... être membre de l'UEFA, ça suffit pour l'échange des joueurs et du pognon, mais pas pour l'extradition des dirigeants ?

Réagissant aux vives attaques du porte-parole de Ségolène Royal, Arnaud Montebourg, qui accusait à propos de l'"affaire Johnny) la Suisse de recel d'évasion fiscale, l'avocat et député libéral Christian Lüscher, ancien président du Servette (c'est lui qui en a remis les clefs à Marc Roger) a repris la vieille plaisanterie : "S'il y avait un impôt sur la connerie, l'Etat s'autofinancerait" (GHI du 10 janvier).

... ouais. Et s'il y avait un impôt sur la connerie des anciens présidents de clubs de football, Servette serait champion suisse.

Le 7 juin, dans les quatre villes hôtes de l'Eurobeauf (Bâle, Berne, Genève et Zurich), les organisateurs du machin ont installé des compteurs à rebours "se mettant en branle sous le regard émus des officiels locaux" ("Le Temps" du 7 juin).

... on s'en doutait, les organisateurs de l'Euro le confirment : les "officiels locaux", c'est rien que des branleurs.

Le délégué du Conseil fédéral pour l'Euro2008, Benedikt Weibel, prédit : "Au final, je suis persuadé que tout le monde sera emballé" par l'Euro 2008.

... on a même déjà été ficelés, avant d'être emballés.

"La culture sera le parent pauvre de l'Euro2008", annonce (à regrets) "Le Temps" du 16 juin.

Sans blague ?

"Je ne crois pas à un dopage organisé dans (le foot) (mais) nous luttons contre avec beaucoup de contrôles", déclare Michel Platini, président de l'UEFA, dans "La Tribune de Genève" du 7 juin...

Platini, c'est le genre d'athée qui fait tous les soirs ses prières : s'il n'y a pas de dopage organisé dans le foot, contre quoi on lutte ? Et si on lutte contre le dopage organisé, à quoi ça rime de dire qu'il n'y en a pas ?

Selon l'ancien patron d'écurie de course automobile Peter Sauber, "La Formule1 est un sport écologique". Argument : si l'on considère le bilan par individu, la F1 est le sport le plus écologique derrière les Jeux olympiques". Qui sont donc un sport, alors qu'on croyait qu'ils étaient une réunion de presque tous les sports, mais on devait se tromper. Comme on doit se tromper quand on compare le "bilan par individu" d'une course de formule 1 (un coureur dans une bagnole consommant une quantité astronomique de carburant) et d'une course à pied, d'un tir à l'arc ou d'un saut en hauteur...

"Nous mettons des paires d'yeux à disposition des sponsors"

Ainsi le "stratège du marketing" du club anlgais FC Chelsea, cité par "Le Temps" (du 8 mars) résume-t-il la fonction des clubs de foot professionnel.

... Au moins, c'est franc : le foot n'est plus un sport, mais un support de pub. Et une pompe à fric.

Les supporters suisses ne sont pas contents : avec la méthode d'attribution des places pour les matches de l'Euro220, "même si on réussit à avoir un billet, on sera dispersé dans le stade, ce qui cassera l'ambiance", geint (dans "Le Matin" du 26 février) le vice-président du fan club "Swiss Active Movement".

Ben pourquoi que ça casserait l'ambiance ? y'a qu'à taper sur son voisin... avec un peu de pot, ça tombera sur un étranger.

"Trente mille fans de foot sur la plaine de Plainpalais hurlant pendant une bonne partie du mois de juin 2008 devant leurs fenêtres, mégaconcerts et prime; on ne peut pas vraiment en vouloir aux habitants du quartier de ne pas s'en thousiasmer pour l'Euro2008", reconnaît la footolâtre "Tribune de Genève" (du 9 février), dans un édito pourtant titré "Euro2008 : Genève marque un point".

... un point dans la gueule, sans doute.

Après la mort d'un policier sicilien tué dans des affrontements entre supporters des équipes de foot de Cata<ne et Palerme, le 2 février, la président de la Ligue italienne de foot, Antonio Matarese, a eu les mots qu'il faut ("La Tribune de Genève" du 6 février) : "Malheureusement, les morts font partie du système. Ils sont inévitables. Le foot est une des industries les plus importantes d'Italie et elle a besoin de continuer à fonctionner".

... ben ouais, c'est comme la Mafia.

Les affrontements siciliens ont suscité le même commentaire, au mot près, des présidents de la fédération internationale et de la fédération européenne de foot, Sepp Blatter et Michel Platini : "La violence n 'a pas sa place dans le football" ("Le Matin dimanche" du 4 février)...

On ne sait pas lequel des deux présidents est le perroquet de l'autre, mais on se dit que pour déclarer que "la violence n'a pas sa place dans le football", aucun des deux n'a la télévision, ni ne lit la presse.

Forte parole du philosophe valaisan Christian Constantin (dans "Le Matin Dimanche" du 4 février) "Le sport permet de parler un langage universel, de communiquer avec les jeunes autrement que par le vice".

... Ouais : le langage universel, c'est le beuglement des slogans racistes, et la communication "autrement que par le vice", ça se fait à coup de tatanes dans les joyeuses.

"On n'a plus qu'une chose à faire : foncer"

(Mark Muller, Conseiller d'Etat, à propos de l'organisation des à côtés festifs de l'Eurofoot, "Le Matin" du 24 janvier)

... foncer, oui : en direction des caisses publiques, pour y pomper ce qui reste après les avoir déjà vidangées de plusieurs dizaines de millions pour boucher le trou de la Praille.


Le président du Fonds d'équipement communal, dans lequel onze millions ont été pompés par la fondation du stade de la Praille, se défend de tout soupçon de coup fourré : "lorsque nous avons voté pour l'attribution de ces 11 millions à la Fondation du stade, il n'y a pas eu d'opposition majeure de la part des communes" explique Claude Etter ("Le Courrier" du 19 janvier)

... ben évidemment : elles n'étaient pas informées qu'on allait proposer vider leur caisse commune pour payer les dettes de la fondation, et du coup la Ville était absente lors du vote. Pour éviter les oppositions, évitons de communiquer les propositions. C'est simple comme un vol à la tire.

Le slogan officiel de l'Euro 2008 (en quatre langues -mais on a remplacé la langue des indiens (le romanche) par celle des cow-boys (l'anglais) sera "L'émotion est au rendez-vous". L'arnaque aussi.

Pour le directeur général de l'UEFA ("Le Matin" du 25 janvier), ce slogan "met en lumière l'essence même de ce que le tournoi vise à offrir". Ouais : du pognon pour l'UEFA.

L'ancien vice-président de l'UEFA, Freddy Rumo, se demande "quelle est la différence entre le mode de fonctionnement de l'UEFA et celui d'une grande entreprise ?" ("Le Temps" du 26 janvier).

Réponse : une grande entreprise paie des impôts et remplit les caisses publiques, l'UEFA vide les caisses publiques et ne paie pas d'impôts.

Pour le président de l'Association suisse de football, Ralph Zloczower, ("Le Matin" du 25 janvier) l'Euro 2008 en Suisse sera "une expérience inoubliable pour tous les fans de sport".

Et les caisses publiques.

Et d'ajouter qu'il est "difficile d'imaginer quelque chose de plus coloré, de plus festif et de plus excitant".

Ben si, une bonne baston entre supporters.

Quant au président de l'Association autrichienne de foot, il estime que le slogan "L'émotion est au rendez-vous" s'applique "également aux joueurs et aux entraîneurs (...) et bien sûr aux fans".

Et bien sûr aussi aux contribuables.

"Dans le sport, j'apprends à respecter l'adversaire (...), j'apprends à gagner sans penser que le suis le meilleur, j'apprends à perdre sans penser que c'est la fin du monde, j'apprends la tolérance, l'intégration, le fair-play, le courage, le respect", déclare l'inénarrable Adolf Ogi (dans "Coopération" du 27 décembre)...

Au Liechtenstein, l'arbitre d'un tournoi de foot en salle a été passé à tabac par des joueurs de foot, et a dû être hospitalisé, nous apprend "Le Matin Bleu" du 9 janvier...

Au Liechtenstein règnent donc "la tolérance, l'intégration, le fair-play, le courage et le respect".

La porte-parole de l'Office fédéral du sport, Barbara Meier, rappelle ("Le Matin" du 11 janvier) que les hooligans ne sont pas seuls à pouvoir foutre le bordel et que "d'autres groupes utilisent les stades pour être violents".

Ouais : les joueurs...

Le délégué cantonal genevois à la sécurité pour l'Euro 2008, Marcel Brühlart, estime ("La Tribune de Genève" du 4 décembre) que l'estimation de 1400 places nécessaires pour la détention préventive de hooligans en Suisse était "exagérée" : "il n'y a pas de raison de paniquer".

... t'as raison Marcel, on a déjà suffisamment de raisons de rigoler...

La campagne suisse de promotion touristique pendant l'Euro2008 aura pour slogan : "Suisse, un plus à découvrir".

... C'est Johnny ou Montebourg qui a soufflé le slogan ?

Après l'élection de Michel Platini à la présidence de l'Union européenne de folotball (UEFA), le président de la Fédération internationale de football (FIFA), Sepp Blatter, qui soutenait la candidature de Platini, se félicite ("La Tribune de Genève" du 27 janvier) : "nous avons la même conception du football, qui n'est pas seulement un produit et une entreprise".

Pas seulement, non. Mais surtout.

L'UEFA travaille, c'est sûr, pour les jeunes et leur bonne santé psychique et physique : "Le Monde" du 12 janvier décrit donc les membres de la coupole du foot européen (l'UEFA) : "le représentant espagnol soliloque en boîtant bas, le délégué anglais peine à réajuster sa ceinture de pantalon (...) (le) président suédois (...) semble usé par la maladie et seize années d'un pouvoir absolu".

... Allez les jeunes !

"Le moteur de l'UEFA, c'est la passion qu'engendre le football" (Philippe Margraff, directeur du marketing au sein de l'UEFA, "Le Temps", 17 novembre)...

Et çui kadit que le moteur de l'UEFA était le pognon, c'est rien qu'un menteur, voilà. Le pognon, c'est pas le moteur de l'UEFA. C'est juste le carburant. Et ça en consomme beaucoup, du carburant, l'UEFA. Mais sans payer, vu que le carburant, il est piqué aux collectivités publiques.

"On est très, très en retard dans les questions de sécurité" liées à l'Euro 2008, s'inquiète le vice-président de la Fédération suisse des fonctionnaires de police, Olivier Prevosto ("Tribune de Genève", 18 novembre)...

... pour les organisateurs du machin, c'est pas bien grave, la sécurité ils s'en foutent, c'est la Confédération, les cantons et les communes qui paient. Avant, pendant et après l'Euro 2008.

Un émir qatari, le cheikh Mohammed Ben Hamad Al-Thani a acheté pour 2,4 millions de dollars le ballon utilisé lors de la finale du Mondial ("Le Monde" du 8 novembre).

... d'où une nouvelle expression arabe : con comme un émir.

"Il ne faut pas que la fête (de l'Eurofoot) se réduise au stade de la Praille", déclare le député radical et organisateur des à côtés de l'Euro2008, Frederic Hohl ("Le Temps" du 2 novembre)...

... ben non, faut pas, y'a pas de raison que les supporters bourrés, les ultras et les hooligans ne fassent pas profiter un peu le reste de la Ville de leur présence. D'ailleurs, le député-organisateur précise que des spectacles "déambuleront dans les rues de Genève". Sur le même parcours que ceux du G8 ? Avec les mêmes flics allemands autour ?

"Il est hors de question que les militaires (mobilisés pour l'Eurofoot) soient en contact avec la population civile", assure le Conseiller aux Etats (PS, Vaud) Michel Béguelin ("La Tribune" du 4 novembre).

... c'est eux qui sentent le pâté ou nous qui sommes contagieux ?

Le 1er novembre, dans un match entre équipes de juniors à Onex, un joueur de 15 ans est démoli à coups de pieds, alors qu'il était à terre, sous les yeux de son père par un joueur onésien. "Mais pourquoi ? le football, ce n'est pas la guerre..." gémit le père dans "La Tribune de Genève" du 3 novembre.

... non, c'est pas la guerre. Juste une préparation.

"L'UEFA se sent très concernés par la protection de l'environnement", selon sa porte-parole, Pascale Voegeli ("Le Temps" du 25 novembre)

... surtout celle de son environnement financier...

Commentaire navré du président de la Ligue nationale française de foot, Frédéric Thiriez (dans "Le Monde" du 25 novembre), après qu'un supporter d'extrême-droite parisien qui s'en prenait (avec une centaine de ses petits copains) à un supporter juif d'un club de Tel-Aviv, ait ait abattu par le policier antillais protégeait le supporter juif : "Le football, ce n'est pas la haine. Le football, ça ne peut pas être la guerre".

... Le football, c'est pas la guerre. Mais un pogrom, oui, ça, le foot peut l'être.

"Le football n'a ni les moyens ni l'ambition de résoudre des problèmes de société", déclare le porte-parole de l'UEFA, William Gaillard ("Le Temps" du 2 décembre)...

... en revanche, le football a largement les moyens d'aggraver les problèmes existants, et d'en créer de nouveaux.

Le Conseiller municipal radical de Lancy Gilles Augsburger, l'un des opposants à la Maison de la Danse à Lancy, explique qu'il s'y est opposé parce "qu'il manque toujours 12 millions" pour payer le stade de la Praille, et conclut : "Qu'on les trouve avant de lancer d'autres projets" ("Le Temps" du 24 octobre)...

... faire payer à la Maison de la Danse l'imbécilité constitutive du stade, c'est lumineux comme raisonnement politique...

L'Euro2008 "sera le plus beau tournoi de l'histoire", prédit le directeur de l'Euromachin pour l'Autriche, Christian Schmölzer ("Le Temps" du 7 octobre)

... le plus beau tournoi de poker menteur, certainement...

Le directeur suisse du même machin, Christian Mutschler, n'est pas en reste, et enfonce résolument une porte ouverte : "L'Euro 08 sera un événement unique" ("Tribune de Genève" du 15 septembre).

Ben oui. Comme l'Euro 04, comme l'Euro 2000, comme les précédents...

Quant au président du Comité suisse d'organisation, Martin Kallen, il déclare tout aussi judicieusement que "l'exaltation suscitée auprès des supporters helvétiques est déjà un gage de succès" ("Tribune de Genève" du 26 septembre)...

... la preuve : toutes les polices cantonales, et 15'000 troufions, pourraient être mobiléisées pour tenter d'éviter que l'"exaltation" des supporters (suisses ou autres) fasse encore plus de dégats matériels que de dégats intellectuels. Et c'est pas peu dire.

Rappelant que les seuls frais d'engagement de la seule police neuchâteloise pour le seul club de Xamax a coûté 365'000 balles au canton de Neuchâtel, le ministre neuchâtelois des Finances, le socialiste Jean Studer, estime que "ce n'est pas à la collectivité de payer une telle facture" ("20 Minutes" du 14 septembre).

Message transmis aux socialistes genevois et au ministre genevois (et Vert) des Finances, lorsqu'il s'agira de se prononcer sur une facture 30 fois supérieure pour l'Eurofoot.

Le Conseiller d'Etat Mark Muller est tout content de la mobilisation de 15'000 hommes de l'armée fédérale pour la sécurité de l'Eurofoot. Et d'ajouter : "Nous n'espérons pas devoir utiliser des drones ou des hélicoptères. Cependant, nous savons que nous pourrions en faire usage" ("Le Temps" du 14 setembre)

... Faire usage d'hélicoptères et de drones contre qui ? les joueurs, le public, les supporters, les hooligans ou les référendaires ?

"J'aimerais construire (à Genève) la tour la plus haute d'Europe", plastronne (dans "Le Matin" du 15 octobre) le Conseiller d'Etat Mark Muller...

... construis-la dans le stade , on lancera pas de référendum, c'est promis...

"Euro 2008 ne doit pas rimer avec G8"

(Frédéric Hohl, député radical, "Tribune de Genève" du 5 septembre)

... et on fait comment pour éviter que "deux mille huit" rime avec "huit" ? On repousse l'eurofoot d'un an ou on adopte le calendrier républicain ?


"C'est un rêve de voir l'Euro à Genève. Une partie de mon coeur est dans cette ville"

(Johann Vogel, footballeur, lors de la présentation du comité "Vivement l'Euro 2008"

... on a eu du pot, on a eu un bout du coeur, pas du cerveau...


"Il s'agit de prolonger la fièvre du football" ressentie en Allemagne durant la Coupe du monde"

(Jean-Philippe Rapp, journaliste, lors de la présentation de "Vivement l'Euro 2008", "La Tribune de Genève" du 6 septembre)

... et si on essayait de faire tomber la fièvre plutôt que la prolonger ?


Un comité nommé "Vivement l'Euro 2008" veut"Prolonger la vibration du Mondial"

("Le Temps" du 6 septembre).

... y'a plus de piles dans le vibromasseur ?


"Il faut penser à l'immense communion qui, comme en juin dernier durant le Mondial en Allemagne, sous-tendra la manifestation", déclare, à propos de l'Euro 2008, l'entraîneur adjoint de l'équipe suisse, Michel Pont

("Le Temps" du 6 septembre)

... on ne sait pas trop à quoi peut ressembler une communion qui "sous-tend" une manifestation sportive, ni quel goût peut avoir l'hostie, le pain et le vin, mais on se dit que, décidément, avec la progression de l'analphabétisme religieux (et de l'intégrisme qui va avec), on a les communions qu'on mérite.


Alain Morisod, trouve à l'Euro2008 une utilité fondamentale : "faire connaître un stade sous-utilisé" (le stade de la Praille)

("Le Temps" du 6 septembre).

... Rassure-toi Alain, le stade de la Praille est plus que connu, il est même carrément célèbre : au titre de l'un des plus formidables exemples de gabegie financière, de gaspillage des ressources publiques et d'incompétence politique de ces cinquante dernières années à Genève. Et on n'est pas sûr que ce trou gagne encore à être connu. Même bibliquement parlant.


Le fameux "coup de boule" de Zidane à Materazzi, en finale de la Coupe du Monde de foot, a rendu Zizou encore plus populaire qu'avant auprès des Français. Au "Top 50" IFOP-Journal du dimanche des personnalités préférées des Français, Zidane cartonne en tête, progresse de 17 points par rapport à l'enquête précédente, et se retrouve le préféré des hommes comme des femmes, de la gauche comme de la droite, et de deux tiers des 15-24 ans. Un véritable triomphe. Salué par les politiques (Chirac trouve le "coup de boule" compréhensible, Ségolène Royal salue la capacité du héros à défendre "farouchement les valeurs auxquelles il tient, en particulier le respect dû à sa soeur"), Zidane l'est aussi par ses sponsors. Adidas a créé un site internet pour le soutenir, Danone envisage de l'élire dans son Conseil d'administration.

... Comme quoi les sportifs gagnent toujours à faire travailler leur tête.

Le Service genevois des espaces verts et de l'environnement (SEVE) annonce que la Ville veut "recenser les pigeons"

("Le Matin Bleu" du 9 août)...

... ben c'est déjà fait, par le fisc : c'est la liste des contribuables genevois, appelés à casquer pour l'organisation de l'Eurofoot 2008 et les beuveries annexes, après avoir été appelés à casquer pour la construction du stade de la Praille, puis pour nourrir ce mammouth, puis boucher le trou financier creusé...


"Je ne comprendrais pas que Genève, avec le statut de ville internationale qui est le sien, puisse se discréditer au point de laisser filer (l'Eurofoot)"

(Pierre Gilléron, secrétaire général de l'Association suisse de football, "Le Temps" du 9 août)

... en matière de discrédit, l'ASF est certainement orfèvre, mais pour l'évaluation du statut international de Genève, elle fait plutôt dans la quincaillerie : ce statut ne doit pas grand chose à des exhibitions du genre de l'Eurofoot...


"L'UEFA ne doit pas manquer de bonne foi", déclare la Conseillère nationale libérale Martine Brunschwig Graf, à propos de l'exigence de l'UEFA d'exempter d'impôt les joueurs du Mondial

("La Tribune de Genève" du 9 août)

... si l'UEFA avait autant de bonne foi que de culot, elle siégerait au fonds du puit de la vérité.


Le centre de transfusion sanguine de la Croix Rouge suisse annonce que la Coupe du monde de foot a eu pour effet de réduire (la canicule aidant) de 30 % le nombre des donneurs de sang.

("20 minutes" du 9 août)...

... le sang était dilué dans la bière...


"Quel est le contenu culturel ou linguistique du football? Le sifflet ? Les grognements des joueurs ? Les hurlements des supporters ? Les vociférations des entraîneurs ? C'est quoi, le contenu sémantique véhiculé par tout ça ?"

... se demande Jean-Marie Brohm, dans "Le Matin" du 25 juin.

... c'est quoi, le contenu sémantique de "groumpf" ? Ben, c'est "groumpf", quoi...


"Quelque 32 milliards de téléspectateurs ont suivi le tournoi" de foot du Mondial

("Le Temps" du 10 juillet)

... 32 milliards de téléspectateurs sur une planète qui n'est peuplée que de sept milliards d'individus, dont la moitié n'a pas la télévision (sans compter ceux qui, ayant la télé, y regardaient autre chose que les matches, ou ne la regardait pas) ? "Le Temps" doit compter au nombre des téléspectateurs les chiens, les chats, les poissons rouges et les cafards. En plus des blaireaux et des pigeons.


Le football est une "langue universelle", ont affirmé le Secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan et le président de la FIFA, Joseph Blatter, à l'ouverture de la Coupe du monde 2006 de foot.

... ouais. Y'a même tellement peu de mots dans cette langue qu'elle est à la portée du dernier des taborniaux.

Et Annan et Blatter de poursuivre : "le football peut réduire les fractures sociales, culturelles et religieuses"...

... y'a qu'à regarder les supporters pour s'en apercevoir.

... et les deux supporters de rappeler que l'ONU a "fait du football un outil pour atteindre les Objectifs du Millénaire (...) d')édification d'un monde meilleur".

... faudra en effet bien un millénaire pour que le football puisse atteindre pareil objectif.

Conclusion (en un ou deux mots) des deux comiques : "Mettons la magie du football au service de notre recherche de la paix et du développement".

... ce serait en effet de la magie... Surtout dans des stades comme celui qui a abrité la finale du Mondial : le stade olympique de Berlin, construit sur ordre de Hitler, inauguré par Goebbels, célébré par Leni Riefenstahl. Un lieu emblématique de la recherche de la paix et du développement.

 


"Il faudrait que chaque équipe qualifiée et que chaque joueur aient la même prime; que celui qui gagne ne soit pas motivé par brutaliser l'adversaire, mais par la beauté et le plaisir du jeu; que l'équipe qui ait le meilleur esprit reçoive aussi une récompense"

(Eugène Ebodé, écrivain franco-camerounais et ancien gardien de foot, "Le Courrier" du 10 juin 2006)

... et redescendre sur terre, il faudrait pas ?


"Il faut rejoindre les gens là où ils se rassemblent", explique le pasteur Roland Benz, à propos de la célébration oecuménique prévue par les églises chrétiennes genevoises dans le stade de la Praille, le jour des huitièmes de finale du Mondial, le 25 juin. Et le bon pasteur de poursuivre : "le football fait à l'évidence partie de la culture de notre société. Ne pas le reconnaître alors qu'il a tant d'importance pour les jeunes, c'est leur dire que le christianisme ne concerne pas leur vie" ("Le Courrier" du 17 juin)

... Ce qui confirme à la fois que le foot est le nouvel opium du peuple, que l'ancien opium du peuple est passé de mode et que ses derniers dealers sont prêts à tout et n'importe quoi pour récupérer des consommateurs.

"C'est le football qui nous intéresse, pas les histoires qu'on apprend à l'école", ont déclaré ("Le Monde" du 6 juin) des supporters de foot visitant le stade olympique de Berlin avant la finale du "Mondial", et apprenant que ce stade fut construit par les nazis et fut le théâtre, pour les jeux olympiques de 1936, d'une gigantesque manifestation de propagande orchestrée par Goebbels.

... il n'est pire sourd que le supporter de foot qui ne veut rien entendre...

"Il y a des clubs (de football) qui dopent leurs joueurs à leur insu"

(Arsène Wenger, manager du club britannique Arsenal, "Le Monde" du 25 mai 2006)

... il n'est pire crétin que le joueur de foot qui ne veut rien comprendre...


"L'Euro 2008 est un joli défi à relever"

(Doris Leuthard, "Le Temps" 10 mai 2006)

... au prix où on va le payer, manquerait plus que le défi soit moche...


"Nous devons redécouvrir la discipline, la justice et l'ordre"

(Adolf Ogi, à propos des violences des supporters de foot, "Le Courrier" du 22 mai 2006)

... et le travail, la famille, la patrie, la marche au pas et la boule à zéro ?


"Fussball regiert !" (le football gouverne), proclame une fière (à bras) banderole hissée sur le Palais fédéral pendant le Mondial, en juin 2006

Ben voilà, c'est fait, on a redécouvert la discipline, la justice et l'ordre. Bon, évidemment, en route, on a un peu perdu la démocratie (on croyait que dans une démocratie, c'était un gouvernement légitimement adoubé par un parlement élu qui gouvernait, ben non, c'est le foot pognon), mais on fait pas d'omelette sportive sans casser des oeufs citoyens.

Hypothèse amusante du commandant de la gendarmerie vaudoise, à propos de l'Euro 2008: "il faudrait par exemple éviter que de trop nombreux supporters allemands et anglais se retrouvent (sur) le même bateau de la CGN, sur le Léman" ("Le Temps" du 21 juin).

Et alors ? Y'aurait plus qu'à couler le bateau... Pour une fois que les supporters ne se noieraient pas dans de la bière mais dans de la flotte...

Assurance du même gendarme : lors de l'Euro2008, pour éviter que des holligans n'y entrent, "les stades seront sanctuarisés".

... quand on vous disait que le foot était devenu une religion.

Et plaidoyer du même pandore : "le hooligan n'est pas un ennemi, mais un citoyen passagèrement égaré qui constitue une menace pour d'autres citoyens".

... surtout si les autres citoyens ont la peau plus sombre que la sienne. Mais c'est pas grave, c'est un égarement passager. Qui s'estompe après le passage à tabac de "l'autre citoyen".

Le football est une "langue universelle", ont affirmé le Secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan et le président de la FIFA, Joseph Blatter, à l'ouverture de la Coupe du monde 2006 de foot.

... ouais. Y'a même tellement peu de mots dans cette langue qu'elle est à la portée du dernier des taborniaux.

Et Annan et Blatter de poursuivre : "le football peut réduire les fractures sociales, culturelles et religieuses"...

... y'a qu'à regarder les supporters pour s'en apercevoir.

... et les deux supporters de rappeler que l'ONU a "fait du football un outil pour atteindre les Objectifs du Millénaire (...) d')édification d'un monde meilleur".

... faudra en effet bien un millénaire pour que le football puisse atteindre pareil objectif.

Conclusion (en un ou deux mots) des deux comiques : "Mettons la magie du football au service de notre recherche de la paix et du développement".

... ce serait en effet de la magie... Surtout dans des stades comme celui qui accueillera la finale du Mondial : le stade olympique de Berlin, construit sur ordre de Hitler, inauguré par Goebbels, célébré par Leni Riefenstahl. Un lieu emblématique de la recherche de la paix et du développement.

"Il faudrait que chaque équipe qualifiée et que chaque joueur aient la même prime; que celui qui gagne ne soit pas motivé par brutaliser l'adversaire, mais par la beauté et le plaisir du jeu; que l'équipe qui ait le meilleur esprit reçoive aussi une récompense"

(Eugène Ebodé, écrivain franco-camerounais et ancien gardien de foot, "Le Courrier" du 10 juin 2006)

... et redescendre sur terre, il faudrait pas ?


Martine Brunschwig Graf (Conseillère nationale libérale) se plaint dans "La Tribune de Genève" (du 18 mars), à propos de la contestation de l'Euro 2008 :

"Nous souffrons en Suisse d'un problème répétitif. Les grands événements nous dépassent"...

... et donc nous feignons d'en être les organisateurs...

"Il faut parfois savoir mettre le poing dans sa poche et soutenir notre jeunesse"

(Didier Schweizer, Conseiller municipal radical de Meyrin, défendant le prêt municipal de 150'000 francs au FC Meyrin, "Tribune de Genève" du 16 mars)

... il faudrait aussi parfois savoir mettre son poing dans la gueule de ceux qui brandissent "la jeunesse" à chaque fois qu'il est question de pognon dans le foot...


"Un refus en votation populaire (des crédits cantonaux de soutien à l'organisation de l'Eurofoot 2008 à Genève) risque d'empêcher Genève de profiter de l'impact extraordinaire de l'Euro 2008"

(Mark Muller, Conseiller d'Etat libéral, "20 Minutes" du 17 mars)

... c'est fou ce que les libéraux sont prompts à sortir du pognon des caisses publiques (en déficit d'un demi-milliard) quand il s'agit de le refiler aux privés. Mais il a raison Muller : un refus en votation populaire des crédits destinés à l'Eurofoot risque d'empêcher Genève de profiter de "l'impact extraordinaire" des canettes de bière lancées par les supporters bourrés dans les vitrines de commerçants...


"Si Genève se bat pour que Berne débloque (pléonasme) un crédit de 17 millions pour aider les villes à organiser l'Eurofoot, c'est pour "organiser une grande fête", explique le même Mark Muller ("Le Matin" du 13 février).

... quelle genre de fête ? une escalade des gaspillages, un carnaval des animaux ou la fête à neuneu ? Peu importe, au fond. Nous aussi, on veut lui faire sa fête, à l'Euro2008...


"L'Euro est un instrument pour une ville de taille moyenne de se profiler au niveau européen"

(Marc Bretton, "Tribune de Genève" du 17 mars)

... ... de se profiler comme quoi ? Comme une ville "de taille moyenne" qui s'est fait enfiler un stade de taille magnum dont elle ne sait pas quoi foutre et qu'elle est prête à remplir avec n'importe quoi ? Pas besoin de l'Eurofoot pour se profiler ainsi, c'est déà fait.


Le même Marc Bretton, "responsable politique" de la rubrique genevoise de la Julie, nous ressort dans le même commentaire le bon vieil argument du fait accompli :

"Nous avons sur les bras un stade qui doit être utilisé; on peut condamner l'incurie des pouvoirs publics qui n'ont pas été capables de contrôler la construction de cette infrastructure et les conditions de son exploitation; on peut regretter l'amateurisme du secteur privé qui s'est 'planté' dans son 'business plan'; on peut estimer pitoyable cette méthode qui consiste à sous estimer des frais pour faire passer des manifestations (...) mais ce stade étant construit, il faut 'bonifier le ballon', comme disent les rugbymen"

... bref, amis Genevois, vous vous êtes fait niquer jusqu'à la glotte, redemandez-en ! Ce stade étant construit, il faut bonifier l'arnaque, comme disent les arnaqueurs.

Dans le même ordre d'idées, et avec la même argumentation, Martine Brunschwig-Graf plaide dans la "Tribune" du 18 mars :

"Les autorités (genevoises) n'ont pas été consultées au départ, c'est vrai. La gestion fédérale du dossier n'a pas été exemplaire, c'est vrai. L'Union européenne de football (UEFA) fait son beurre d'un tel événement", c'est vrai... mais "on pourrait se demander ce qui arriverait si nous n'étions pas capables de l'accueillir après avoir accepté collectivement de le faire".

... D'abord Titine nous n'avons pas "accepté collectivement de le faire". Ensuite, à la question de savoir ce qui "nous arriverait si nous n'étions pas capables" d'accueillir l'Eurofoot, la réponse est claire : rien !

Et c'est la même réponse qui peut être apportée aux autres questions posées par Martine Brunschwig Graf dans le même papier : "qu'avons-nous à attendre d'Euro 2008 ?" et "qu'en retire-t-on si l'événement a lieu ?". Réponse : rien ! ou alors des emmerdements. Pour rien.


"Une surface équivalente à 80 terrains de football est un formidable défi à l'imagination des aménagistes", écrit le secrétaire patronal Olivier Ballissat dans "La Tribune de Genève" du 13 mars, plaidant pour la construction à la Praille d'une deuxième gare voyageurs ("Cornavin bis") avec galerie marchande, espace vert, immeubles d'habitation et administratifs, le tout baptisé "Geneva Downtown"...

... avant de croire que les "aménagistes" puissent aménager à la Praille une "surface équivalente à 80 terrains de football", on pourrait se demander ce qu'on va faire du terrain vague équivalent à un seul terrain de foot ?


"On se fiche des contribuables de Lancy", clame le Conseiller libéral de Lancy Thierry Aeschbacher, à propos du non-remboursement par la Fondation du Stade de la Praille du prêt de 3 millions princièrement accordé par Lancy à ladite fondation ("Tribune de Genève" du 15 mars)

... ben oui, "on" se fiche des contribuables de Lancy. Mais, amis Lancéens, consolez-vous : "on" se fiche aussi des contribuables de la Ville, et de ceux de tout le canton. Dans l'arnaque, le principe d'égalité règne. Du moins entre les arnaqués.

... et le radical Alain Eretzian d'emboîter le pas à son collègue libéral : "Les citoyens ont le droit de savoir si ce dossier a été mal géré".

... parce qu'après tout ce qui a été révélé sur le merdier du Stade, il ne le savent pas encore ? Y'a vraiment des élus qui tombent de la lune...


Parmi les revendications (acceptées, évidemment) posées par l'équipe nationale allemande pour qu'elle puisse s'entraîner au stade de la Praille avant la Coupe du monde, explique le responsable du site de la Praille Cédric Zurn ("Le Matin" du 12 mars) il y avait "le huis clos absolu pour tous ses entrainements"...

... le stade étant déjà en permanence en huis-clos relatif, même lors des matches, c'était pas la peine d'exiger le huis-clos absolu pour les entraînements...


... et le même Cedric Zurn d'expliquer que si toutes les conditions posées par l'équipe allemande ont été acceptées, c'est parce que sa venue permet "d'équilibrer le budget d'exploitation du stade" (mais pas de payer les dettes, juste de se maintenir un moment à flots).

... pourquoi ? le budget n'était pas équilibré ? Ah, ben dis donc, on en apprend de belles...

"Il faut ressusciter cette émotion qui avait étreint les Suisses lors de la candidature de Sion 2006" en posant la candidature de la Suisse pour organiser les Jeux Olympiques d'hiver en 2018, déclare Dolfi Ogi dans "Le Matin" du 23 février...

... c'est vrai qu'on s'était bien marrés, à entendre les hurlements de déconvenue des commentateurs de la télé lors de la retransmission en direct du choix (de Turin) par le Comité international olympique. Une émotion comme celle-là, on est prêts à la revivre. Même s'il faut attendre 2018.
... mais alors, s'il vous plaît, selon le calendrier républicain.

"Que l'Eurofoot 2008 réveille ce pays", clame Dolfi, en conclusion de son appel pour une candidature suisse à l'organisation des JO 2018.

(Adolf Ogi, "Le Matin" du 23 février 2006)

Au prix que va nous coûter l'Eurofoot 2008, ce serait bien la moindre des choses qu'il nous réveille : ça sera même le réveil le plus cher de l'histoire de l'horlogerie.


"A l'heure du Verdict rendu dans les inadmissibles débordements du Turquie-Suisse du 16 novembre dernier, il convient de garder la tête froide."

(Daniel Visentini, "La Tribune de Genève" du 8 février")

... en effet. Il convient même de s'en contrefoutre.


Les valeurs du sport sont "universelles. C'est un langage mondial, capable de jeter un pont entre les classes sociales, d'atténuer les divisions religieuses et culturelles. Il constitue un nstrument puissant pour favoriser la compréhension de l'autre, la tolérance et la paix. (...) Le sport contribue au développement personnel. Il nous enseigne le travail en équipe et le fair-play. Il aide à la confiance en soi et ouvre de nouvelles portes"

(Kofi Annan, au Forum économique mondial de Davos le 25 janvier)

... il n'a pas assisté au match Turquie-Suisse, Kofi... Ou alors, il a fumé la pelouse.


"Je pense à la catastrophe financière à laquelle nous avons échappé", a soupiré le Maire de Sion, François Mudry (cité dans "Le Temps" du 27 janvier 2006) , à propos des Jeux Olympiques d'hiver 2006 attribués à Turin et non à Sion, et en pensant à la "catastrophe financière" qui menace les villes et cantons accueillant les matches de l'Eurofoot 2008.

... il a raison de penser à la "catastrophe financière" à laquelle sa ville a échappé, le Maire de Sion. Parce que non seulement Genève n'a pas encore échappé à la catastrophe financière qui barbote au fond du trou de la Praille, mais elle pourrait bien se farcir, avec Berne, Bâle et Zurich (les deux dernières étant consentantes) à celle de l'Eurofoot 2008 (trois matches à la Praille, et quelques dizaines de millions à payer...)

"Peut-on imaginer un Euro sans Genève, ville de l'ONU et des institutions internationales", fait mine de se demander le directeur suisse de l'Euro 2008, Christian Mutschler ("Le Matin" du 22 janvier 2006)

... oui, on peut. Et on peut non seulement imaginer l'Euro 2008 sans Genève, mais aussi, et encore plus facilement, Genève sans Euro 2008...

Les surcoûts de l'Euro 2008 (une facture multipliée par 18 pour les collectivités publiques) ? "C'est un problème helvético-suisse", estime le directeur de la communication à l'Union européenne de foot (UEFA), William Gaillard ("La Tribune de Genève" du 24 janvier 2006)

... et les coups de pieds citoyens au cul de la mafia du sport pognon, c'est un problème calabro-sicilien ?

"Quand ce sera trop tard, peut-être verrons ces beaux parleurs, ces Messieurs/Dames de l'Alternative, retrousser enfin leurs manches pour aller éteindre les incendies allumés par tous ces braves gosses désoeuvrés que notre Cité ne voulait plus intégrer ni éduquer par le sport", panique une Conseillère municipale PDC de Meyrin (Myriam Girardet) dans "La Tribune de Genève du 20 janvier 2006, à l'idée que les habitants pourraient refuser en référendum de claquer près de 12 millions pour le stade municipal...

... avant "au feu les pompiers", on peut toujours scander "à la folle les infirmiers", à Meyrin...

"Quand j'ai joué en Suisse, des gamins de vingt ans se faisaient des grosses injections de sang de boeuf avant tous les matches. Ils étaient aussi dans la créatine à fond. Ils en prenaient aussi facilement que du chocolat en poudre au petit-déjeûner"

(Jean-Jacques Eydelie, footballeur professionnel passé de l'OM de Marseille au FC Zurich et au FC Sion, dans "L'Equipe Magazine" du 21 janvier 2006")
... on ne dira jamais assez les dangers du chocolat en poudre au petit déjeûner : ça fait des grumeaux avec la créatine et le sang de boeuf.

"La Tribune de Genève" du 11 janvier annonce, sous la plume (à crampons) d'Arnaud Cerutti qu'il "se murmure avec insistance" que l'équipe de Suisse pourrait affronter dans le stade de la Praille "un adversaire africain (ou plus prestigieux ?) dans le cadre de sa préparation en vue du Mondial 2006".

On aime beaucoup le "ou plus prestigieux ?". Plus prestigieux qu'un nègre, quoi.

"Il se pourrait bien qu'il y ait quelque chose à la Praille" le 1er mars.

(Mark Skipperjin, membre du Conseil de fondation du stade, "La Tribune de Genève" du 11 janvier)
... le 1er mars, Il se pourrait bien qu'il y ait quelque chose à la Praille, mais on sait pas quoi. Et de toutes façons on n'en est pas sûr. Mais il faudrait qu'il y ait quelque chose. N'importe quoi, mais quelque chose. Et peut-être même quelqu'un. N'importe qui, mais quelqu'un. Pour changer.

"Plus les informations nous serineront que la Terre devient inhabitable en raison du climat ou de l'insécurité, plus nous irons nous réfugier sur une autre planète, et ce sera le sport"

(Christophe Gallaz, "Le Temps" du 28 décembre 2005)
... faudra vraiment que le Terre devienne inhabitable pour que le sport apparaisse comme une terre d'asile...

"Je ne suis pas certain que nous (ayons) les moyens (d'accueillir des matches de l'Eurofoot 2008). (...) on ne nous a jamais dit qu'il faudrait sortir de l'argent de notre poche. On doit déjà se charger de la sécurité des matches, ce qui coûtera à la ville entre 2 et 3 millions de francs au total"

(André Hediger, Conseiller administratif de la Ville de Genève, responsable du Département des sports et de la sécurité, "Le Temps" du 19 décembre 2005)
... Mieux vaut tarte que jamais : Hediger ayant été l'un des plus chaud partisans de la construction d'un stade qui a coûté des dizaines de millions à la collectivité en général, et des millions à la Ville de Genè¨ve en particulier (à l'époque, il ne s'est pas posé la question de savoir si on en avait "les moyens), on se félicitera de sa (tardive lucidité) et on le plaindra de ses trous de mémoire...

"(Si le foot) déchaîne les passions, c'est qu'il s'agit d'un sport intelligent"

(Paul-André Cornu, président du club de foot Yverdon Sport, "Migros Magazine" 3 janvier 2006)
... y'a qu'à regarder et entendre les supporters pour se rendre compte qu'en effet le foot est un sport intelligent...

L'attribution de l'Euro 2008 de foot à l'Autriche et à la Suisse est "une grande joie pour la Suisse"

(le Conseiller fédéral Samuel Schmid, le 12 décembre 2002, lors de l'attribution de l'Euro 2008)
Le 9 décembre, le même Conseiller fédéral Schmid annonce que l'organisation de la part suisse de l'Euro 2008 coûtera au moins 180 millions aux collectivités publiques suisses, soit 170 millions de plus que prévu, ou 18 fois plus qu'annoncé initialement
... les "grandes joies" sont payantes. Et les grandes douleurs pas forcément muettes.

"Tout sera mis en place (à l'Euro 2008) pour une grande fête du football" en Suisse

(Martin Jäggi, chef du secteur "sécurité" de l'organisation de l'Eurofoot, "Le Temps" du 19 décembre 2005)
... les fêtes du football étant aux fêtes ce que leur financement est à la rigueur budgétaire, tout est effectivement mis en place pour une grande fête...
Et Jäggi de poursuivre :

"les quatre villes helvétiques qui accueilleront des matches de l'Euro2008 sont parfaitement préparées à assurer la sécurité d'un événement de cette envergure" et "les quatre commandants des polices concernées préparent des dispositifs adaptés selon la dangerosité des rencontres".

... Même que Genève s'y est entraînée. Lors du G8.

"Si on ne trouve pas une autre source de financement (que celle qui consiste à puiser dans les caisses publiques), il faudra avoir le courage d'annuler (les) trois rencontres" prévues à Genève lors de l'Eurofoot 2008

(Manuel Tornare, Maire de Genève, "Le Matin" du 18 décembre)
... c'est pas forcément du courage, mais c'est en tous cas de la lucidité.

"Un jour, si les présidents de clubs suisses ne prennent pas conscience de la montée d'une certaine violence, des mamans diront à leurs enfants : "Non, t'iras pas au stade, c'est trop dangereux"

Thomas Helbling, responsable de la sécurité au sein de la "Swiss Football League", "Le Matin du 18 septembre.
... Á Genève, les mamans ne disent pas à leurs enfants "Non, t'iras pas au stade, c'est trop dangereux", mais plutôt "si t'es pas sage, t'iras au stade". Et l'enfant répond (en pleurant) : "Nan, veux pas y'aller, j'ai peur tout seul dans le noir"...

"Ce qui n'est jamais expliqué, c'est l'étrange tropisme qui pousse irrésistiblement les hooligans vers le football, les profondes affinités électives de tous les "ultras" pour la passion du ballon rond. (...) La pureté originelle du football serait donc toujours déflorée par de mauvais garçons venus d'ailleurs. Mais cette thèse ne tient pas une seconde lordqu'on comptabilise soigneusement les incidents graves qui scandent régulièrement les matchs "amicaux", les championnats nationaux et les rencontres internationales de football. (...) Affrontements entre bandes fanatiques, souvent infiltrées par l'extrême-droite, "bastons" haineux, émeutes et vandalismes, assassinats et lychanges en direct constituent désormais, dans tous les pays et à tous les niveaux de la compétition, l'ordinaire banalisé du football".

Jean-Marie Brohm, "La loi de la jungle, stade suprême du sport", "Le Monde Diplomatique" juin 2000

"Dans l'enceinte dépeuplée, la voix enjouée du speaker résonne étrangement à l'énoncé de la feuille du match. La trentaine de fisèles qui compose la section grenat donne de la voix. (...) Quatre journalistes grelottent sur les bancs de presse où les nombreux pupitres, couverts de poussière, profiteraient sans doute d'un bon coup de chiffon".

Dino Buzzati dans "le désert des Tartares" ? Julien Gracq dans "le rivage des Syrtes" ? Non : Ludovic Chappex, dans son compte tendu du match Servette-Meyrin à la Praille, le 18 septembre 2005.

"L'institution sportive est entrée dans l'ère de la globalisation criminelle. (...) les oligarchies sportives ne se cachent même plus de collaborer avec des groupes d'intérêts qui ont transformé l'activité sportive en un pur business sans foi ni loi, dominé par l'évangile de la rentabilité, de la razzia, de la domination (...) : "crime organisé des divers trafics de drogues et de produits dopants, y compris sur Internet; crime organisé du blanchiment de l'argent sale et de l'évasion fiscale; crime organisé des ventes, achats et transferts des "esclaves du muscle" par des négriers sans scrupule assistés d'honorables imprésarios; crime organisé des combines, tripatouillages et corruptions en tous genres".

Jean-Marie Brohm, "La loi de la jungle, stade suprême du sport", "Le Monde Diplomatique" juin 2000

"Genève souffre de surpopulation carcérale"

... observe (finement) la Conseillère d'Etat Micheline Spoerri (dans "Proxinews")
Vous allez voir que ça va encore être la faute à Marc Roger.

"Une victoire du oui aurait été une réelle surprise, après la sinistre faillite du Servette FC début 2005"

(François Baertschi, GHI 27 avril 2005)
C'est fou ce que les commentateurs des batailles deviennent prophétiques... après la bataille. Et surtout après la défaite.

"Le 24 avril, l'alliance extrême-gauche-écologistes (Solidarités, Parti du Travail, Verts) a marqué un gigantesque autogoal en démolissant le stade construit par la volonté d'un magistrat de son propre camp" (André Hediger)

(François Baertschi, GHI 27 avril 2005)
Le stade est déjà démoli ? Alors, c'est quoi le gros truc vide qui encombre à la Praille ? Une piscine ? Une patinoire ? La nouvelle annexe de Champ-Dollon ?

"Les votations cantonales genevoises du 24 avril (...) ont confirmé le blocage intégral d'une situation qui, elle, continue d'évoluer. Vers l'apocalypse"

(Michel Barde, "Entreprise romande" du 6 mai 2005)
On a retrouvé le Maire de Champignac : il nous expliquera peut-être comment une situation intégralement bloquée peut évoluer, fût-ce vers l'apocalypse. Le mot "Apocalypse" signifiant d'ailleurs, étymologiquement et théologiquement, "révélation", on ne peut que souhaiter que le Maire de Champignac en soit frappé.

Le refus des citoyennes et citoyens de la Ville de Genève "d'honorer les factures finales (du stade) a amené certains des dogmatiques les plus acharnés à en préconiser la démolition", se lamente le même Barde dans le même numéro de l'hebdo patronal.

Les factures "finales", vraiment ? Les "dogmatiques les plus acharnés" se permettront de douter (quoique par définition les dogmatiques soient insensibles au doute) que la facture de Zschokke (celle que le "prêt" de la Ville aurait contribué à régler) constitue la facture "finale" du stade... Et chantons en choeur, avec les syndicats patronaux : "C'est la facture finale, cotisons-nous et demain, la ligue nationale sera le genre humain"...

Enfin, le Maire de Champignac clôt ses lamentations par ce sanglot : "il n'y aura plus aucun match à Genève pour les éliminatoires de la prochaine Coupe du Monde".

Pourtant, le 24 avril, comme match éliminatoire, ça se posait un peu là. Mais évidemment, pour les prochaines élections cantonales plus que pour la Coupe du Monde.

"La Praille a été construit pour accueillir les matches du Servette et les rencontres internationales. On est prioritairement football et pas prioritairement musical. S'il y a des choses à faire au détriment du football, nous ne le ferons pas"

(Mark Schipperjin, Directeur financier du DAEL, "La Tribune de Genève" du 2 juillet 2003)
... six mois plus tard, le même, devenu président ad interim de la fondation du stade, met de l'eau spectaculaire dans son vin footballeux :

"On s'est donné trois ans pour que le stade fonctionne autour de trois domaines d'activités : le sport, avec Servette et les matches internationaux, les événements parallèles, tels les concerts, enfin les privés avec l'organisation de séminaires, de fêtes, de réunions VIP etc..."

("Le Matin" du 28 janvier 2004).
Un an, trois mois et quelques semaines plus tard (quasiment à mi-délai, donc), les matches du Servette se déroulent devant un stade vide à plus de 90 %, aucun match international n'est prévu jusqu'en 2008 (et ceux de 2008 sont menacés d'être déplacés), aucun événement parallèle n'est agendé, et les séminaires, fêtes et réunions VIP ne sont plus gérés par la fondation, ni la société d'exploitation du stade, mais par Jelmoli...
On est donc parti d'un stade de foot voué essentiellement au foot avec éventuellement quelques concerts en prime, pour passer ensuite à un stade voué à parts comparables au foot, aux concerts et aux pinces-fesses pour VIP, et en arriver finalement à un stade vide, presque sans foot, totalement sans spectacles, où seuls subsistent les pinces-fesses pour VIP...
120 millions de travaux et 30'000 places pour un club échangiste, c'était peut-être un peu excessif...

"Il faudra attirer des événements" (dans le stade)

(Mark Schipperjin, membre du Conseil de fondation du stade, "La Tribune de Genève" du 5 février)
C'est fait, dimanche 24 avril. Pour d'autres événements du même genre, on peut continuer à s'adresser au comité.

"Les électeurs ont dit très clairement qu'ils ne voulaient pas de la solution proposée"

(Laurent Paoliello, de la fondation Hippomène).
En voila un qui a tout compris : quand 73 % des votants disent "non", c'est qu'ils ne disent pas "oui". La fondation Hippomène devrait se lancer dans la prospective politique.

"Une quelconque contribution publique supplémentaire n'est pas envisageable après le message exprimé par les électeurs genevois" (Jean-Pierre Carera, président de la fondation du stade, ATS, 25 avril)

Message transmis au Conseil d'Etat, au Grand Conseil, aux conseils municipaux et administratifs de Genève, Lancy et Carouge.

"Le message issu des urnes est clair. Les électeurs estiment qu'il y a suffisamment d'argent public dans l'infrastructure. (...)Alors si les partenaires privés ne veulent pas faire un effort supplémentaire, il faudra vendre le stade"

Laurent Moutinot, "Le Matin" du 25 avril 2005
... cochon qui s'en dédit ?

"Après les résultats du vote, je me vois mal demander aux députés de sortir l'argent manquant. Il faudra peut-être trouver un acquéreur honnête et compétent"

(Laurent Moutinot, "Le Matin", 25 avril 2005)
... "un acquéreur honnête et compétent" d'un stade qui ne sera jamais qu'un gouffre à millions : Saint Laurent croit au miracle...
Et si on ne trouve pas d'acquéreur "honnête et compétent" (et masochiste), on se rabattra sur un acquéreur malhonnête et incompétent ?

"Dans cette histoire, il n'y a que des perdants" (Pierre Maudet, "Le Matin", 25 avril)

... ah bon... notre impression d'avoir gagné (avec 73 % des votants) était donc fausse ?

"Les gens en ont marre de devoir accorder des rallonges pour des infrastructures que l'on a tendance à sous-évaluer au départ pour mieux faire passer la pilule"

(Pierre Muller, Maire de Genève, "Le Temps" du 25 avril).
... Post tenebras lux... mais pourquoi diable not'bon Maire a-t-il concourru aux tenebras pendant des années, pour n'être illuminé par une lux fulgurante que le 24 avril 2005 ? Notons tout de même que lui, au moins, a compris ce qui s'était passé : ils ne sont pas si nombreux dans ce cas et dans son camp.

Zschokke devrait concéder un gros rabais sur sa créance à l'encontre de la fondation du Stade, suggère le patron de Jelmoli, Alain Rolland.

La chanson de Rolland est répétitive, : c'est aux autres de payer. A la Ville. A l'Etat. A Lancy. A Zschokke. Mais pas à nous. Nous, on ne fait que payer notre loyer d'avance. Et on fait passer ça pour un investissement. De toutes façons, on a notre centre commercial à la Praille, on veut avoir notre cinéma dessus, on projette un autre centre commercial à Blandonnet, alors le trou de la Praille, on s'en lave les mains.
Rolland devrait construire son prochain centre commercial à Roncevaux : son olifant commence à nous les briser menu, menu...

Lorenzo Sanz, le partenaire financier espagnol de Marc Roger, n'était "pas un mécène qui soutenait le Servette à fonds perdus mais un financier à qui l'on a vendu du vent".

(Le procureur Dario Zani, devant la Chambre d'accusation, le 29 avril, statuant sur la demande de libération provisoire de Marc Roger, "Le Temps" du 30 avril)
Et un faux mécène de plus, un !

L'avocat des joueurs du Servette, François Canonica, devant la même chambre d'accusation, a estimé que "dans ce monde pollué du football, il faut faire (du dossier Servette) un exemple* ".

("Le Temps" du 30 avril)
*Et de Marc Roger un bouc émissaire.

A quoi l'avocat de Roger, Jacques Barillon, répond, tout de même, que "dans le ciel du Servette, il n'y a pas que des anges et un seul diable".

Ben non : y'a aussi des vautours, des étourneaux, des corbeaux, des pies voleuses, des martns pêcheurs de financements publics et des faucons. Et un vrai : celui qui va trinquer pour toute cette volaille.

"Toutes les parties engagées doivent assumer leurs responsabilités, même si, au final, c'est le peuple qui passe à la caisse"

(Reto Ehrat, vice-président du Groupement des entrepreneurs et indépendants progressistes (GEIP), dans "Le Courrier" du 9 avril).
Moralité : faut pas engager ses parties n'importe où. D'abord ça peut faire très mal. Ensuite ça peut se terminer par l'accouchement d'un monstre qu'on devra nourrir pendant soixante ans. Sortons couverts !

Le même vice-président du GEIP explique que "à la base" le groupement était contre la construction du stade, "car nous avions constaté des failles dans le projet initial".

Les failles étant devenues des gouffres, le groupement est désormais favorable à ce que les collectivités publiques passent à la caisse pour tenter (sans y parvenir) de boucher les trous. Il doit y avoir une logique dans ce raisonnement, mais on ne l'a pas trouvée. Elle a dû glisser dans une faille initiale. Entrepreneurs, sans doute. Progressistes, peut-être, puisqu'ils le disent. Mais spéléologues, sûrement.

Le stade de la Praille n'était "peut-être pas LE projet pour Genève", a admis la cheffe du groupe socialiste au Conseil municipal de la Ville, avant d'appeler à voter pour le crédit accordé audit stade ("Le Courrier" du 7 avril)

Le parti socialiste de la Ville de Genève n'est peut-être pas LE parti socialiste qu'il faudrait à la Ville de Genève.
Quant au député socialiste Sami Kanaan, co-auteur (avec le libéral Slatkine) du rapport ravageur que la Commission de contrôle de gestion du Grand Conseil a consacré au stade, il a repris à son compte les accusations du rapport : "Amateurisme, montage financier excessivement optimiste, manque de transparence" etc... Avant que d'appeler lui aussi à soutenir le crédit.
Il aurait fallu quoi pour que les socialistes de la Ville renoncent à proposer de ponctionner les caisses municipales pour payer les dettes du stade, au seul prétexte que "quelles que soient les tares du stade, il faut faire avec" ? Que le stade s'écroule ? Que des kamikazes yéménites balancent des avions de Swiss sur un match (si avions il reste à Swiss, et si spectateurs il y a pour le match) ?

*Oui, à l'heure actuelle, le club phare du canton évolue dans des installations indignes de son rang"... "alors, le projet (d'installation sportive privée) est un véritable cadeau tombé du ciel" ("La Tribune de Genève", 21 avril 2005)

... Ou comment recycler à propos d'un projet de patinoire à Blandonnet les articles pondus il y a sept ou huit ans sur le projet de stade à la Praille. Qui-ne-coutera-pas-un-sou-à-la-collectivité-et-qui-sera-toujours-plein.
Tiens, d'ailleurs, Jelmoli est aussi dans le coup de la patinoire, avec un projet de centre commercial à côté.
Après le stade et la patinoire, quoi ? un vélodrome place des Nations ? un circuit de formule 1 au Bois de la Bâtie ? Mais toujours avec Jelmoli, et avec un centre commercial à la clef...

"La Tribune" du 19 avril, s'éveillant d'un long sommeil, et admettant qu'on ne sait pas quoi faire du stade et avec quoi remplir le trou de la Praille, présente "six projets pour recycler le Stade de Genève" : Tout sauf un stade, donc : un aquarium (on a déjà les requins), un solarium, un parc allobroge, des jardins ouvriers, un baby foot géant ou un aéroport à OVNI (avec Raël comme président de la Société d'exploitation). On a un faible pour le baby foot géant.

Dans le même numéro de la "Julie", le rédac'chef, Dominique von Burg, reprend le refrain connu : "le stade est construit, payons-le". Sous le titre "Oui, terminons le stade", et en rappelant que "dès le départ, la "Tribune de Genève a soutenu la construction du Stade". C'est bien de ne pas passer sous silence que "dès le départ" on s'est retrouvé maqué avec les promoteurs d'un projet foireux. Ce serait mieux d'admettre qu'on s'est fait avoir, mais n'en demandons pas trop tout de suite au quotidien local d'Edipresse.

Au nombre des conditions "nécessaires" pour que "l'aventure du Stade prenne enfin une bonne tournure", von Burg évoque "une équipe directrice visible, sérieuse et imaginative à la tête du stade". Parce que l'équipe actuelle n'est pas visible ? pas sérieuse ? pas imaginative ? C'est pourtant elle qu'on voit depuis des mois nous assurer sérieusement que tout ira bien quand la Ville aura payé deux millions et demi, que la fondation du stade sera publique et qu'on aura trouvé de quoi remplir le trou...
"Oui, terminons le stade", clame Dominique von Burg. On est presque d'accord. A un mot près : "Oui, achevons le stade !"

En novembre 2003, en présentant l'état financier de la fondation du stade, son président ad interim, le représentant du DAEL au Conseil de fondation, Mark Schiperijn, annonçait "l'équilibre en 2005" pour la fondation, et en 2005 pour la société d'exploitation.

Mark Schiperijn doit utiliser le calendrier républicain.

"Il n'y a pas de lien absolu entre (la participation financière de Jelmoli au montage bricolé pour tenter de sauver les meubles et payer les dettes du stade) et la demande de Jelmoli (de pouvoir construire un multiplex cinema dans son centre commercial de la Praille). Et Alain Rolland (directeur de Jelmoli) n'aurait jamais eu l'outrecuidance de demander". Et "Jamais nous n'aurions prêté la main à un tel marché".

(Laurent Moutinot, conférence de presse du 5 avril, présentant sa collection de sparadraps financiers sur les plaies du stade, "Tribune de Genève" et "Courrier" du 6 avril)
"Pas de lien absolu", donc, entre la demande de Jelmoli de pouvoir coiffer son gâteau de la Praille d'une cerise multiplex, et la supplication de la fondation du stade d'obtenir de Jelmoli 2,5 millions de francs pour payer une partie des dettes du stade. Pas de lien absolu, mais un gros lien relatif. Que Laurent Moutinot confirme d'ailleurs en ajoutant que le dossier du complexe cinéma est... "complexe", mais qu'il a "bon espoir de le voir avancer". Avancer tout seul, donc, sans l'aide de personne, vu qu'il n'y a pas de lien, promis, juré.
Et on veut bien croire qu'Alain Rolland "n'aurait jamais eu l'outrecuidance" de demander qu'un tel lien soit fait : on ne demande pas l'ouverture d'une porte déja ouverte...
Et on veut bien croire aussi que jamais le Conseil d'Etat n'aurait "prêté la main" à un tel marché : sa main, le Conseil d'Etat ne la prête pas : il la donne ! Avec le poignet et le bras entier.

"Ce prêt sans intérêt sur trente ans est notre dernière contribution pour débloquer une situation attristante pour l'image de Genève"

(Laurent Paoliello, représentant de la Fondation Hippomène, c'est-à-dire de Benedict hentsch, à la conférence de presse du 5 avril, présentant la collection de sparadraps financiers sur les plaies du stade, "Tribune de Genève" du 6 avril)
Il est vrai que les contributions de Hentsch pour débloquer ont été jusqu'à présent assez consistantes. Et que, toujours pour débloquer, d'autres artistes peuvent maintenant prendre le relais. ça fait sept ans qu'on débloque à propos du stade, on peut continuer pendant les soixante ans de la durée de survie, sous respirateur artificiel, du stade.
Cela dit, un prêt, même sans intérêt, restant un prêt remboursable, celui de la fondation Hippomène s'ajoute simplement aux dettes de la fondation. Pendant trente ans.
D'ici là, peut-être que le parc prévu aux Charmilles aura effectivement été ouvert à la population. Nom du parc ? Parc Hentsch. Vous trouverez facilement : c'est au coin de l'avenue Hentsch, de la rue Hentsch et du boulevard Hentsch. Dans le quartier Hentsch. Pourquoi tant de Hentsch ?

"En cas de refus (par les citoyennes et citoyens de la Ville du crédit municipal de 2,5 millions pour payer une partie des dettes du stade), il faudra tout reprendre à zéro avec l'ensemble des partenaires privés et publics"

(Laurent Moutinot, conférence de presse du 5 avril, présentant sa collection de sparadraps financiers sur les plaies du stade, "Tribune de Genève" du 6 avril)
... mais tout reprendre "à zéro", quand on est en dessous de zéro, c'est toujours avancer...

"Contrairement à Genève, Neuchâtel a misé (pour son nouveau stade) sur un taux de remplissage élevé en fixant la capacité (du stade) à 12'000 places"

(Raffaele Poli, "Coopération" du 30 mars 2005)
D'abord, c'est pas beau de tirer sur une ambulance, même si elle est vide.
Ensuite, Genève aussi a misé sur un taux de remplissage élevé. A Champ Dollon.

"Une telle infrastructure (le stade, donc) n'a que peu de chances de tourner sans une aide", c'est-à-dire une subvention publique.

(Laurent Moutinot, "Le Matin" du 5 avril 2004)

"Le stade ne pourra pas équilibrer ses comptes. On peut penser qu'une subvention modérée doit être votée"

(Jean Pierre Carera, président de la fondation du stade, "Le Matin" du 5 avril)
Selon GHI (6-7 avril), Carera aurait évoqué une subvention "raisonnable de 100'000 francs par an". GHI a dû oublier des zéros quelque part -pour les retrouver trois lignes plus loin, en se mélangeant les crayons, puisque le même journal (le stade a les soutiens médiatiques qu'il mérite) évoque les "plusieurs dizaines de millions par année de subvention" reçus par le Grand Théâtre -qui en réalité reçoit actuellement une subvention annuelle de12,7 millions (une seule dizaine, donc, et pas "plusieurs").
De toutes façons, même avec une "aide", le stade ne tournera pas -à moins d'une aide massive (mais le Conseiller d'Etat, s'il évoque une subvention "modeste", se refuse, prudent, à articuler un chiffre). C'est donc le principe de la baratte qui doit s'appliquer : il faut une aide à la crème pour qu'elle tourne en beurre.
A la Praille, malgré 60 millions de fonds publics, la crème des gestionnaires n'a tourné qu'à l'aigre.
On se félicitera donc que, l'approche du vote municipal aidant, les stadolâtres finissent enfin par avouer "qu'on peut penser" (merci, mais on le pensait déjà...) qu'il s'apprêtent à ponctionner chaque année pendant soixante ans les caisses publiques pour faire "tourner" le stade. Un stade vide, mais tournant.
Et pour faire "tourner" les contribuables : en bourriques.

Avec le risque d'un refus par les citoyennes et yens de la Ville du crédit de 2,5 millions pour le trou de la Praille, "Nous avons une épée de Damoclès au dessus de la tête", s'inquiète le stadolâtre radical Pierre Maudet, découvrant à la fois l'eau tiède et la couleur du cheval blanc d'Henri IV ("Le Courrier" du 2 avril 2005).

Eh oui, les épées de Damoclès, c'est toujours et par définition suspendu au-dessus des têtes. Même vides.

"Qu'adviendra-t-il si, le 24 avril, les citoyens de la Ville refusent de payer", demande "Le Matin" (5 avril) au Conseiller d'Etat Moutinot; qui répond : "je part de l'idée que la population acceptera. A ce jour, je n'ai pas de plan B".

Le Conseiller administratif de Lancy Pascal Chobaz lui aussi avouait que la fondation du stade n'avait "pas de plan B" après la faillite du club résident du stade.
Personne n'a de plan B. Mais tout le monde a le même plan Q : pomper dans les caisses publiques pour payer les dettes du stade.

A propos du projet de loi concernant le financement par le canton de la construction du stade à la Praille :

"Trouver dans un projet comme celui-ci l'ombre d'un reproche relève de l'exploit !"

(Michel Halpérin, député libéral, Grand Conseil, 27 mai 1999)
Par contre, trouver dans l'examen de ce projet par des députés de la trempe d'Halpérin l'ombre d'un aveuglément ne relève pas de l'exploit, mais de l'euphémisme.

"Il faut dans tous les cas reconnaître les qualités financières du projet. (...) c'est un projet de loi qui ne péjore pas les finances de l'Etat"

(Hervé Dessimoz, député PDC, Grand Conseil, 27 mai 1999)
... le projet de loi ne péjore pas les finances de l'Etat, mais le stade, lui, les a péjorées (à ce jour) de près de 50 millions. Etonnez vous que la gestion des finances publiques par la droite genevoise, et dont témoigne ici le député Dessimoz, amène aujourd'hui l'Etat à faire des économies de bouts de chandelles sur l'aide aux chômeurs, aux personnes âgées et aux invalides pour ne pas "péjorer les finances de l'Etat". Et surtout pas celles de Jelmoli et du Crédit Suisse.

"Un stade fermé est un stade qui meurt"

(les députés libéraux au Grand Conseil, "Tribune de Genève" du 23 mars)
... ne pas fermer la Praille, c'est effectivement l'empêcher de mourir. Plus précisément : de mourir tout de suite. Bref, c'est de l'acharnement thérapeutique. Où l'on voit que les libéraux genevois sont sur la même ligne que la droite chrétienne américaine : faut pas débrancher le comateux, mais l'alimenter jusqu'à moisissure complète.
Finalement, quand les promoteurs du stade présentaient leur projet comme un projet "branché", ils avaient parfaitement raison. Ils oubliaient seulement de préciser qu'il était branché sur respirateur artificiel. Et sous intraveineuse de fonds publics.

Le stade de la Praille est "un projet pour lequel les finances de la collectivités publiques apparaissent pour une fois étonnamment peu mises à contributions, qui est réalisé avec des fonds d'origine privée pour l'essentiel et qui donne des garanties d'exploitation à long terme, garanties dont on n'est pas coutumier dans cette République"

(Michel Halpérin, député libéral, Grand Conseil, 27 mai 1999)
Encore heureux qu'on ne soit "coutumier dans cette République" de garanties d'exploitation "à long terme" du genre de celles données par le stade de la Praille : le rapport de L'Inspectorat cantonal des finances, puis celui de la Commission de gestion du Grand Conseil, constatent que l'exploitation du stade ne sera jamais rentable et que les seules "garanties d'exploitation" qui ont pu être confirmées sont d'une part celle de l'exploitation de la crédulité publique, d'autre part celle de l'exploitation de l'incompétence de la majorité politique, enfin celle de l'exploitation des contribuables. Il est vrai que dans les trois cas il s'agit d'une exploitation "à long terme".

"La mise de fonds publique (dans le stade de la Praille) est limitée aux 20 millions que nous avons voté dans cette enceinte voici plus de deux ans et demi et la collectivité publique n'aura plus aucune mise de fonds à effectuer"

(Olivier Vaucher, député libéral, Grand Conseil, 27 mai 1999)
Résultat des courses : la collectivité publique a rallongé de plus de 40 millions la mise de fonds de 20 millions votés par le Grand Conseil. Et on lui demande de remettre la compresse pour 2,5 millions (municipaux), et ensuite pour quelques millions (cantonaux) chaque année pendant soixante ans. Les députés libéraux savent compter -sur les trous de mémoire des citoyens ?

"Le Servette a également su convaincre un certain nombre d'entreprises (que les adversaires du projet aiment) citer avec des intonations telles que l'on se croirait dans un milieu d'affaires douteux. En réalité, nous nous situons dans un milieu rigoureux au niveau de la gestion"

(Claude Haegi, ex-Conseiller d'Etat et ci-devant député libéral, Grand Conseil, 27 mai 1999)
Dans un "milieu rigoureux au niveau de la gestion", peut-être pas. Mais dans le milieu, peut-être. Et au niveau de la gestion des faillites, certainement...

"Ce ne sont pas les 5000 dernières places (du stade de la Praille) qui coûtent cher, mais les 5000 premières"

(Laurent Moutinot, Conseiller d'Etat socialiste, Grand Conseil, 27 mai 1999)
Il est vrai que dans ce stade, ce ne sont pas les 5000 dernières places qui ont coûté cher, mais les 5000 premières. Et les 25'000 suivantes. Soit plus de 4000 francs la place. Pour un stade aux trois quarts vides. ça fait cher la fesse.

"Des membres de la Fondation du Stade ont intérêt à me voir partir. Ils savent que j'en sais trop. Ils veulent ma peau. Mais je ne leur laisserai pas le plaisir de m'avoir. (...) Si je pars, il y aura plus de problèmes que si je reste. Si ce jour-là devait arriver, je déballerais tout. Et là..."

(Marc Roger, "Le Matin" le 12 décembre 2004")
... "Et là" quoi ? On attend...

"La diversité de l'offre sportive est telle dans notre région qu'il est bien difficile de remplir un stade"

(Laurent Moutinot, "La Tribune de Genève" du 14 mars 2005)
Il est en effet bien plus facile à Genève de remplir une prison qu'un stade. Alors, pourquoi ne pas installer carrément la prison dans le stade ? Et affecter le stade de Champ Dollon (si si, y'en a un) au foot ? Même le Servette de 1ère ligue peut le remplir, celui-là. Et Roger peut en assurer l'exploitation.D'ailleurs il est déjà sur place.

«Genève a tout à gagner avec ce stade, n’en déplaise à certains… En puisant allégrement dans la poche du contribuable, Genève s’est offert un outil de travail qui fera pâlir de jalousie ses voisins.»

("La Tribune de Genève", 13 mars 2002)
A défaut de faire pâlir de jalousie nos voisins, on aura au moins réussi à les faire plier de rire.

"Nous ne ferons pas payer la location du stade à Servette )...) Nous allons simplement demander de payer les frais directs"

(Mark Schipperijn, de la fondation du stade, "Tribune de Genève" du 3 mars)
La fondation est bien bonne. Quant à nous, nous ne ferons pas payer les frais de notre campagne référendaire aux SdFde la Coulou. Mais entendons simplement demander de faire payer les frais de la construction du stade, de son exploitation, de son entretien, du remboursement des prêts et de la couverture des déficits à d'autres que les collectivités publiques.

"Il vaut mieux un stade vide de 30'000 places qu'un stade vide de 15'000 places"

(Sami Kanaan, député, TSR 22 janvier 2005)
... Et il vaut mieux un parlement vide de 100 places qu'un Conseil municipal vide de 80 places ? On a de la chance : à Genève, on a les deux...

"Grâce à son opération en Colombie, Maradona pourrait passer de 121 à 70 kg"

("Le Soir d'Algérie", édition du 8 mars 2005)
... On fait mieux à Piogre : Grâce à son opération en Ville de Genève le 24 avril 2005, le trou de la Praille pourrait passer de 2 millions et demi de francs à peau de balle...

"Il est largement prouvé que le sport exerce une influence favorable sur la santé physique et mentale des individus"

(Walter Fust, directeur de la Coopération et du développement au Département fédéral des Affaires étrangères, "Un seul monde", mars 2005)
Walter Fust doit parler du sport amateur. Parce que sur l'influence du sport professionnel sur la santé pysique et mentale des individus, un lourd doute plane...

"Travailler en équipe, respecter l'adversaire, savoir gérer la victoire comme la défaite, observer certaines règles : ces valeurs dépassent largement le cadre du sport"

(Walter Fust, directeur de la Coopération et du développement au Département fédéral des Affaires étrangères, "Un seul monde", mars 2005)
Ces valeurs dépassent peut-être "largement le cadre du sport", n'empêche qu'elles n'ont pas trouvé le chemin du stade de la Praille. Ou qu'elles n'ont pas réussi à y entrer. Ou qu'elles se sont réfugiées dans les sous-sol... En tous cas, on les cherche encore.

"Le football, ce n'est pas l'argent, les grilles d'un stade fermé, les escroqueries du Stade de la Praille, le racisme ou les crachats, les promesses non tenues face aux jeunes. Le football, c'est un ballon et deux pulls pour les buts" *

(Daniel Jacquet, "Tribune de Genève" du 1er mars 2005)
* ... mais en cachemire, les pulls. Et payés par la collectivité.

"Tout ira mieux (pour le Servette) en février (2005). (...) Nous allons mettre sur pied, d'ici à fin novembre (2004), une souscription publique"

(Marc Roger, "Le Temps", 16 novembre 2004)

"Toute fin est aussi un début" "L'avenir est plus important que le présent"

(Les "mystérieux investisseurs syriens", "Le Courrier" -et autres journaux- du 17 février)
En foi de quoi nous pouvons assurer que la fin du financement public du stade serait aussi le début d'une utilisation intelligente des ressources de la collectivité pour soutenir la pratique populaire du sport et la formation des sportifs, et pour rénover les installations qui ont besoin de l'être (le Stade de Frontenex, par exemple). Et que l'avenir de cette pratique, de cette formation et de ces installations nous importe plus que le présent du Titanic de la Praille.

"Comme quand un être cher est frappé par la maladie, il vaut peut-être mieux qu'il meure, qu'il arrête de souffrir" *

(François Werz, supporter servettien)
* On a retrouvé Marc Roger, Joseph Ferraye et les investisseurs syriens : ils sont au chevet de Jean-Paul II.

"Nous n'avons pas, Etat, la vocation de gérer un stade. Nous n'avons pas vocation non plus à combler les déficits de fonctionnement" *

(Laurent Moutinot, dans "Du pain et des jeux" de Roland Pellarin -du moins dans la version intégrale : vérifiez le 17 mars sur la TSR s'il en reste quelque chose dans la version tronquée...)
* il y a comme ça des vocations qui vous tombent dessus à l'improviste. C'est à l'insu de son plein gré que l'Etat revendique maintenant la gestion du stade, et s'apprête à combler les déficits de fonctionnement ?

"Les locaux (du stade) sont impropres à l'usage tel qu'il était prévu. Par conséquent, nous (la société d'exploitation du stade) demandons une réduction du loyer" *

(Dominique Warluzel, alors avocat de Marc Roger, en novembre 2004)
* Plus aucun usage n'étant prévu pour le stade, et la société d'exploitation ayant fait faillite, la réduction du loyer a été obtenue : il n'y a plus de loyer du tout. Marc Roger et Dominique Warluzel devaient être prophètes, dans une vie antérieure.

Lecteurs aussi attentifs qu'elle le mérite de la "Tribune", et aussi contristés qu'elle le méritait de la faillite de la SA du Servette, nous avons eu le bonheur d'apprendre de la plume (non moins contristée) de Daniel Visentini (édito du 17 février) que le Grand Théâtre est "copieusement subventionné" par la Ville et l'Etat, ce qui aurait justifié que la S.A. du Servette le soit également, par les mêmes mécènes publics.
Que le Grand Théâtre soit subventionné par la Ville, copieusement ou non (en réalité à hauteur de 13 millions de subventions par an, grosso modo), nul ne l'ignore ni ne peut s'en étonner : après tout, le Grand Théâtre est une institution municipale, la Ville en possède le bâtiment et en contrôle la fondation qui l'exploite. Payant pour le Grand Théâtre, la Ville paie donc pour elle-même. Avec d'autant moins de regrets que 80 % des places du Grand Théâtre sont occupées (tous spectacles confondus, mais ça monte à 90 % pour les opéras, voire plus de 100 % pour certains -on rajoute des sièges) et que plus de 90 % des places occupées le sont par des gens qui ont payé leur place.
Mais que le Grand Théâtre soit "copieusement subventionné" par l'Etat, c'est un scoop dont nous ne pouvons que regretter qu'il n'ait pas eu l'écho qu'il méritait.
Un examen (presque aussi attentif que celui des pages de la chronique syrienne de la Julie) du budget et des comptes du Grand Théâtre ne laisse pourtant apparaître, en guise de "copieuse subvention" de l'Etat, qu'une chiche centaine de milliers de francs par année, au titre du soutien aux activités pédagogiques de l'institution culturelle.
Une centaine de milliers de francs par année : si cette "copieuse subvention" avait été accordée à la Société anonyme du Servette, il aurait fallu 200 ans pour éponger le passif actuel de ladite SA... Deux siècles : mais quand on aime, on ne compte pas les années.
Nous remercions donc le sagace éditorialiste de la "Tribune" d'avoir découvert (mais où diable ?) une "copieuse subvention" de l'Etat au Grand Théâtre. Mais nous l'implorons de bien vouloir informer le Grand Théâtre du montant et de la disponibilité de cette subvention, aussi mystérieuse que les fonds de Joseph Ferraye, aussi anonyme que les investisseurs syriens, et aussi crédible que les promesses de Marc Roger.

"Le Stade de Genève ne doit plus être un objet de moquerie" *

(Jean-Pierre Carera, représentant du canton au Conseil de fondation du stade -et par ailleurs président du Conseil d'administration de la société d'exploitation de l'Arena-, "Le Matin" du 8 février 2005)
* Les moqueries sont pourtant la seule chose dont le stade ait réussi à être réellement l'objet... Mais Carera a raison : le stade de la Praille ne doit plus être un objet de moquerie. Il est temps qu'il devienne un objet de refus.

" La modernisation des installations sportives, désormais conçues comme de gigantesques pompes à fric, s'est transformée en alibi à une surenchère incessante " *

(Pierre Nussle, " Tribune de Genève " du 9 août 2001)
* La pompe à fric est le seul équipement qui fonctionne réellement à la Praille...

"L'Etat n'a pas à financer ou à gérer un club de football. Ce n'est pas le rôle d'une collectivité publique" *

(Martine Brunschwig-Graf, présidente du Conseil d'Etat, "Le Courrier" du 5 février)
* et financer et gérer un stade vide, c'est le rôle d'une collectivité publique ?

"L'Etat de Genève pourrait mettre gracieusement le stade de la Praille à la disposition du Servette FC" *

(Christian Lüscher, député libéral et ancien président du SFC, "Le Courrier" du 5 février)
* L'Etat pourrait aussi mettre le stade à disposition de la prison de Champ-Dollon, surpeuplée. Et la Ville y installer une Maison de la Danse, une Maison de la musique, une nouvelle Comédie, une piste de skate. Et Laurent Moutinot y faire construire des logements sociaux. Au point où on en est, quoi qu'on fasse de ce stade, on y fera mieux et plus que ce qu'il est...

"Il faudra attirer des événements" (dans le stade) *

(Mark Schipperjin, membre du Conseil de fondation du stade, "La Tribune de Genève" du 5 février)
* Excellente illustration de l'absurdité de la situation : au lieu de se doter d'un équipement dont on avait besoin après avoir évalué ce besoin, on s'est goinfré un équipement dont on ne sait pas quoi faire, et on doit se creuser les méninges pour y faire quelque chose... n'importe quoi, mais quelque chose...

"Le stade permet parfaitement l'organisation de mégaconcerts (...) une fois par an en moyenne" *

(Mark Schipperjin, membre du Conseil de fondation du stade, "La Tribune de Genève" du 5 février)
* On admet donc par avance que le stade pourrait n'être rempli qu''une fois par an en moyenne... A raison d'un concert de Johnny par an pendant cinquante ans (la durée de vie du stade), Johnny aura plus de110 ans pour son dernier concert. Dans un stade rempli par les EMS de toute la région. Avec l'Alzheimer Philarmoniker, dirigé par Jean-Paul II, en ouverture ?

"Le Conseil de fondation n'avait pas envisagé la disparition du (Servette). Nous n'avons pas de plan B" *

(Pascal Chobaz, Conseiller administratif de Lancy, membre du Conseil de fondation du stade, "La Tribune de Genève" du 5 février)
* ... pas de plan B, certes. Mais le Conseil de fondation avait un plan Q. Il l'a même réalisé : c'était celui d'un stade de football sans football. Et sans public.

Jusqu'à l'Euro 2008, il faut "oublier (de faire du stade de la Praille) quoi que ce soit qui n'ait pas de rapport avec un stade de football" *

(Pascal Chobaz, Conseiller administratif de Lancy, membre du Conseil de fondation du stade, "La Tribune de Genève" du 5 février)
* Bref, jusqu'en 2008, ce stade sera totalement inutile. Il servira trois fois en 2008, pour des matches de l'Euro (mais pas plus haut que les quarts de finale -on rêve d'un match Serbie-Croatie, ou Chypre-Turquie, histoire de rappeler aux commerçants des rues basses les festivités du G8). Et plus à rien du tout jusqu'en 2050. Et de carrière à parpaings ensuite.

"Trouver des artistes déplaçant plus de 25'000 personnes (à la Praille) n'est pas simple"

(Laurent Moutinot, Conseiller d'Etat, "La Tribune de Genève" du 5 février) *
* Par contre, trouver des artistes y déplaçant plus de 46 millions de francs, c'est facile : ils siègent au Conseil d'Etat, à la Ville de Lancy ou au Conseil municipal de la Ville de Genève...

"Faire voter les gens alors que des propos délirants sont tenus (sur Servette) aurait été préjudiciable" au résultat de la votation municipale du 24 avril"

(Laurent Moutinot, Conseiller d'Etat, "La Tribune de Genève" du 5 février) *
* Mais les faire (enfin) voter alors que des propos délirants sont tenus sur le stade depuis cinq ans, et redoublent depuis cinq mois, c'est pas préjudiciable...

"Dire non (au "prêt" de 2,5 millions de la Ville à la fondation du stade) reviendrait à faire cadeau à un privé des fonds publics investis dans ce stade" *

(Laurent Moutinot, Conseiller d'Etat, "La Tribune de Genève" du 5 février)
* Pourquoi "à un privé" ? Et de toutes façons, le cadeau a déjà été fait (il est de 46 millions) à Jelmoli et au Crédit Suisse. La seule question qui se pose est de savoir si les collectivités publiques vont continuer à claquer des millions dans ce trou...

"Il n'est pas question que la Ville mette un sou de plus que les 2,5 millions de francs prévus" par l'arrêté municipal mis en votation le 24 avril *

(Pierre Muller, Maire de Genève, "La Tribune de Genève" du 5 février)
* Comme il n'était pas question que le canton mette plus que les vingt millions prévus au départ ? Il en a finalement mis plus du double... Ou comme il n'était pas question que l'Etat assume l'exploitation du stade ? C'est fait (via la fondation), depuis le 1er février... Ou comme il n'était pas question que le budget de construction dépasse les prévisions ? Il a doublé... Bref, la seule manière d'être sûr que la Ville "ne mettra pas un sou de plus" que les 2,5 millions qu'elle envisage de "prêter", c'est de la faire renoncer à ce "prêt" en votant "non" le 24 avril...


"Les Charmilles avaient une âme. Avec des moyens plus modestes, un effectif raisonnable et des salaires décents, Servette aurait pu durer encore longtemps. Mais là, on a vu beaucoup trop grand. La mégalomanie ne colle pas avec le football suisse" *

(Jacky Fatton, icône servettienne, "La Tribune de Genève" du 5 février")
* De Dieu de Dieu, Jacky ! qu'est.ce que le football a encore à voir avec cette sombre histoire ? Il ne s'agit que de pognon. Et quand il s'agit de pognon, la mégalomanie colle tout à fait avec ce qui tenait lieu de football dans ce qui tient lieu de stade à la Praille...

"Pourquoi les politiciens genevois n'ont-ils rien tenté pour sauver (Servette), alors que le Grand Théâtre reçoit 40 millions de subventions par année ?" *

(Jacky Fatton, icône servettienne, "La Tribune de Genève" du 5 février")
* D'abord, le Grand Théâtre ne reçoit pas 40 millions de subventions, mais trois fois moins. 40 millions, c'est le coût total du Grand Théâtre. Et ces quarante millions en produisent d'ailleurs 100 qui retournent dans les caisses publiques.
Ensuite, "les politiciens genevois" ont claqué 60 millions dans le stade de la Praille. Et sont prêts à y balancer encore plusieurs millions chaque année pendant 50 ou 60 ans.
Par ailleurs, le Grand Théâtre est une propriété de la Ville (la Ville est propriétaire du bâtiment, et elle contrôle la fondation qui l'exploite); autrement dit, quand la Ville paye pour le Grand Théâtre, elle paye pour elle-même, pour quelque chose qui lui appartient, pas pour Jelmoli, le Crédit Suisse ou une société anonyme (ce qu'était le SFC mis en faillite).
En outre, le Grand Théâtre est une institution, avec une programmation autonome, pas un lieu vide à remplir.
Enfin, le Grand Théâtre est plein à 80 %, alors que le stade est vide.
Maintenant, les collectivités publiques pourraient effectivement "faire quelque chose" pour "sauver Servette". A condition que le Servette à sauver ne soit pas une pompe (ou une blanchisseuse) +à fric, mais une équipe de foot. Et qu'un soutien financier public ne finisse pas dans les poches de privés, ou dans le trou du Stade. La Ville soutient d'ailleurs déjà, financièrement, le football genevois et les équipes non professionnelles (détail dans un prochain bulletin), l'Etat soutenant pour sa part le sport (et le football) dans le cadre scolaire.
Hop UGS !

"Que deviendra (le stade de la Praille) si Servette disparaît ? Pour un parc ou un boulodrome, (130 millions), c'est un peu cher."

(Dominique Warluzel, "Le Matin" du 30 janvier 2005)
* Pour un stade aux trois quarts vide aussi, c'est "un peu cher"...

Rien n'oblige (Servette) à jouer à la Praille*

Marc Roger, "L'Illustré" du 13 octobre 2004
* Rien n'oblige d'ailleurs Servette à jouer où que ce soit. Ni le stade de la Praille à servir à quoi que ce soit.

A quoi le foot et Servette en particulier sont-ils associés aujourd'hui ? A l'affairisme, à l'argent douteux.

(Jacques Ducret, " Le Matin " 16 janvier 2005)

(Un stade vide), sur le plan strictement financier, ce ne serait pas catastrophique. Le fonctionnement de ce stade "à vide" coûterait, en gros, quelque 150'000 francs. *

Laurent Moutinot, Conseiller d'Etat

(La Tribune de Genève, 14 janvier 2005)
* Au passage, le Conseiller d'Etat a oublié un zéro : ce ne sont pas 150'000, mais un million et demi de francs par an (au moins) qui seront claqués pour rien...

Le sport-spectacle est la seule activité économique où, dès sa création, une société se trouve déjà en état de surendettement et donc en quasi-faillite !

Dominique Warluzel, ex-avocat de Marc Roger, et ex-Président du Servette FC)

(Tribune de Genève, 13.1.2005)

Ce n'est tout de même pas moi qui rate les penalties du Servette ! *

Laurent Moutinot, Conseiller d'Etat

(La Tribune de Genève, 14 janvier 2004)
* Et les autogoals du Conseil d'Etat, qui les réussit ?

En dehors des frontières suisses, le Servette est plus célèbre que le jet d'eau !

Marc Roger

(Le Temps, 10 décembre 2004)
* ... pourtant, les problèmes de liquidités, c'est le Servette qui les a, pas le jet d'eau...

Il n'est pas question d'envisager un refus (par les citoyens de la Ville de claquer 2,5 millions dans le trou de la Praille) *

Laurent Moutinot, Conseiller d'Etat

(La Tribune de Genève, 14 janvier 2005)
* C'est cela, voui... Et si les citoyens de la Ville, mauvaises têtes, refusent quand même ? On dissout la Ville ? On enferme les citoyens dans le Stade, histoire de pouvoir au moins une fois le remplir ? Finalement, le stade de Genève, il aurait peut-être fallu le construire à Santiago du Chili, dans les années septante...

Le Conseil d'Etat s'engagera dans cette bataille (celle pour que la Ville balance 2 millions et demi dans le trou de la Praille) pour que l'investissement public soit sauvegardé.*

Laurent Moutinot, Conseiller d'Etat

(La Tribune de Genève, 14 janvier 2005)
* Et dans le même temps, le même Conseil d'Etat devra expliquer au bon peuple que le canton n'a plus un rond pour les vieux, plus un rond pour les chômeurs, plus un rond pour les invalides, plus un rond pour les pauvres, qu'il doit sabrer dans les budgets, privatiser des lignes de transports publics, pomper dans les caisses des communes et dans celles des S.I....

Le stade est fait pour durer soixante ans. (...) Il prendra tout son sens avec le temps. *

Laurent Moutinot, Conseiller d'Etat

(La Tribune de Genève, 14 janvier 2005)
* En effet, le stade de la Praille prendra tout son sens avec le temps. Tout son sens : celui d'une ruine, dont on ne pourra même pas faire un monument historique (n'est pas le Colisée, qui tient depuis 2000 ans, qui veut : après soixante ans, le stade de la Praille sera pourri, cramé, à démolir. Mais soixante ans à un million et demi par an, plus 120 milliions au départ)...

Janvier 2005 (quand Servette se gaufre aux lisières de la faillite) : Alain Rolland, président de La Praille S.A. et directeur de Jelmoli Suisse" est reconnaissant " envers un stade dont la construction est " intimément " liée au centre commercial, qui, " lui, va bien, heureusement "…

("Tribune de Genève", 12 janvier 2005)

Si je viens à Genève, c'est pour y investir à long terme, au moins dix ans*. Servette doit regarder vers le haut, viser la Ligue des champions

Marc Roger, le 14 février 2004
*fermes ou avec sursis ?

Nous nous devons de défendre les deniers publics

(Mark Schipperijn, président de la Fondation du Stade et par ailleurs cadre du Département cantonal de l'Aménagement)

Jelmoli, Crédit Suisse et la Ville de Genève semblaient pourtant être des partenaires sérieux...

(Laurent Moutinot, Conseiller d'Etat)

Nous ne devons pas nous laisser entraîner dans un chantage à la survie du Servette.

(Laurent Moutinot, Conseiller d'Etat)

La situation (du Servette) peut paraître critique, c'est vrai. Mais elle ne l'est pas excessivement. Elle est préoccupante, mais pas insoluble. Avant la fin de l'année (2004), tous les problèmes financiers seront réglés. Tous.

(Lorenzo Sanz, principal investisseur du Servette FC)

Le Stade a coûté beaucoup d'argent aux contribuables...

(Laurent Moutinot, Conseiller d'Etat)

Malheureuses sont les villes qui comme Zurich érigent le sport et sa pourriture moderne en enjeu crucial, en symbole d'union civile et civique, en élément-clé de l'avenir, en symptôme de dynamisme, en signe d'audace, en preuve d'invention, en démonstration de son rayonnement au cœur de l'Europe et du monde.

Malheureuses sont les opinions publiques qui se passionnent pour la controverse suscitée par le projet de stade à Zurich au point d'y percevoir un rituel démocratique essentiel (…).

Malheureuses sont les villes comme Zurich et les opinions publiques actuelles qui se laissent d'autant plus fasciner par un projet de stade de football qu'elles organisent au quotidien la destruction de tout ce que le sport devrait inspirer aux humains : le plaisir et la possibilité de déployer son corps et sa mentalité dans un environnement bénéfique, d'accomplir un geste gratuit, de côtoyer l'étranger venu de loin, d'accorder le dynamisme à l'intelligence, de porter secours aux plus faibles, d'estimer l'Autre et de s'aimer soi-même.

(Christophe Gallaz, " Le Matin " 17 octobre 2004)


LES RÉSULTATS DEFINITIFS DU VOTE DU 24 AVRIL 2005Résultats définitifs du vote référendaire du 24 avril sur le crédit municipal de 2,5 millions



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