Nicole Diener-Carton


(Montreux)

R E S U R G E N C E II




A Gaby Z.




J’étais la voyageuse aux portes de l’hiver,


la fille du sommeil en long manteau d’hermine,
je gardais les remparts de l’ombre, la courtine
et le chemin de ronde
où chaque pas se perd.
Je gravais les échos du temps dans le désert
des hautes cours et des murailles palatines,
ô vent d’oubli, qui part à l’assaut des collines,
balayant les guerriers et leur masque de fer.





Mes chevaux trébuchaient sur leurs sabots d’écume
et de cendre, ils buvaient à longs traits, dans la brume
et le froid, cette eau noire où glissent les vieux jours.




Chaque nuit j’arrachais les torches du silence
aux doigts des soldats morts, et leur incandescence,
très pâle, vacillait jusqu’aux derniers détours.

Septembre 2000



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